Dimanche 15 avril 2007
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21:55
La Condition Animale
Comme le reste du système pénitentiaire, Calipatria fonctionne à peu près au double de sa capacité d’origine. Dans les quartiers de moyenne sécurité de l’Etat, on entasse des rangées sordides de lits superposés dans des auditoriums et des salles de jour reconverties, d’une manière proche des prisons de comté surpeuplées. Mais dans les établissements « haut de gamme » de niveau 4 comme Calipatria, on a simplement ajouté, un deuxième détenu dans chacune des petites cellules individuelles de 2 mètres sur 3. (…) Certtains psychologues du comportement ont témoigné devant les tribunaux que les rats confinés dans de telles situations deviennent invariablement fous furieux et se mangent entre eux.
(…)
Ouverte en 1993, Calipatria est une prison de « niveau 4 », c’est-à-dire de sécurité maximum, qui accueille aujourd’hui 10 % des meurtriers condamnés en Californie, soit 1200 hommes. Pourtant le poste de garde de l’entrée principale est vide, comme dix des douze miradors du périmètre. Si l’étonnante absence de surveillance traditionnelle donne une impression de négligence, c’est une politique concertée. Daniel Paramo, le dynamique officier en charge des relations publiques, nous l’explique : « les gardiens dans les miradors se méfient de l’incertitude liée à l’erreur humaine. Ils vont plutôt accorder leur pleine confiance à l’Edison de la Californie du Sud »
Paramo se tient devant une clôture électrique menaçante, haute de presque : cinq mètres, prise entre deux grillages à mailles losangées ordinaires. Chacun des 15 brins individuels du câble est parcouru par 5 000 volts fournis par le barrage Parker ; environ 10 fois la tension reconnue comme mortelle. (…) Et quand le directeur de la prison mit tranquillement le courant en novembre 1993, la satisfaction de savoir que le système pénitentiaire avançait sans trop de controverse vers l’avenir technologique fut générale. « Mais », ajoute Paramo d’un air désabusé, « nous avions oublié de prendre en compte dans nos calculs les militants des droits des animaux. »
La prison se situe juste à l’est de la mer de Salton, un lieu de sejour hivernal de premier ordre pour les oiseaux aquatiques, et la clôture à haute tension, au doux vrombissement, est immédiatement devenue une balise érotique pour les oiseaux de passage. (…) En janvier, la « clôture de la mort » de Calipatria était un scandale écologique international. Quand une équipe de CNN arriva sur le parking de la prison, l’administration pénitentiaire jeta l’éponge et engagea un ornithologue pour 1’aider à améliorer la clôture. Il en résulta la seule clôture de la mort au monde écologiquement correcte. Paramo a quelques difficultés à ne pas sourire lorsqu’il d détaille les 150 000 dollars d’innovations : « un câble d’avertis ssement pour les rongeurs curieux : des déflecteurs pour empêcher les oiseaux sauvages de se percher, des petits passages pour les chouettes des terriers ». Calipatrla a aussi construit une jolie mare pour les oies et les canards de passage.
Comme le reste du système pénitentiaire, Calipatria fonctionne à peu près au double de sa capacité d’origine. Dans les quartiers de moyenne sécurité de l’Etat, on entasse des rangées sordides de lits superposés dans des auditoriums et des salles de jour reconverties, d’une manière proche des prisons de comté surpeuplées. Mais dans les établissements « haut de gamme » de niveau 4 comme Calipatria, on a simplement ajouté, un deuxième détenu dans chacune des petites cellules individuelles de 2 mètres sur 3. (…) Certtains psychologues du comportement ont témoigné devant les tribunaux que les rats confinés dans de telles situations deviennent invariablement fous furieux et se mangent entre eux. (…)
Ouverte en 1993, Calipatria est une prison de « niveau 4 », c’est-à-dire de sécurité maximum, qui accueille aujourd’hui 10 % des meurtriers condamnés en Californie, soit 1200 hommes. Pourtant le poste de garde de l’entrée principale est vide, comme dix des douze miradors du périmètre. Si l’étonnante absence de surveillance traditionnelle donne une impression de négligence, c’est une politique concertée. Daniel Paramo, le dynamique officier en charge des relations publiques, nous l’explique : « les gardiens dans les miradors se méfient de l’incertitude liée à l’erreur humaine. Ils vont plutôt accorder leur pleine confiance à l’Edison de la Californie du Sud »
Paramo se tient devant une clôture électrique menaçante, haute de presque : cinq mètres, prise entre deux grillages à mailles losangées ordinaires. Chacun des 15 brins individuels du câble est parcouru par 5 000 volts fournis par le barrage Parker ; environ 10 fois la tension reconnue comme mortelle. (…) Et quand le directeur de la prison mit tranquillement le courant en novembre 1993, la satisfaction de savoir que le système pénitentiaire avançait sans trop de controverse vers l’avenir technologique fut générale. « Mais », ajoute Paramo d’un air désabusé, « nous avions oublié de prendre en compte dans nos calculs les militants des droits des animaux. »
La prison se situe juste à l’est de la mer de Salton, un lieu de sejour hivernal de premier ordre pour les oiseaux aquatiques, et la clôture à haute tension, au doux vrombissement, est immédiatement devenue une balise érotique pour les oiseaux de passage. (…) En janvier, la « clôture de la mort » de Calipatria était un scandale écologique international. Quand une équipe de CNN arriva sur le parking de la prison, l’administration pénitentiaire jeta l’éponge et engagea un ornithologue pour 1’aider à améliorer la clôture. Il en résulta la seule clôture de la mort au monde écologiquement correcte. Paramo a quelques difficultés à ne pas sourire lorsqu’il d détaille les 150 000 dollars d’innovations : « un câble d’avertis ssement pour les rongeurs curieux : des déflecteurs pour empêcher les oiseaux sauvages de se percher, des petits passages pour les chouettes des terriers ». Calipatrla a aussi construit une jolie mare pour les oies et les canards de passage.




















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