La Condition Animale
Comme le reste du système pénitentiaire, Calipatria fonctionne à peu près au double de sa capacité d’origine. Dans les quartiers de moyenne sécurité de l’Etat, on entasse des rangées sordides de lits superposés dans des auditoriums et des salles de jour reconverties, d’une manière proche des prisons de comté surpeuplées. Mais dans les établissements « haut de gamme » de niveau 4 comme Calipatria, on a simplement ajouté, un deuxième détenu dans chacune des petites cellules individuelles de 2 mètres sur 3. (…) Certtains psychologues du comportement ont témoigné devant les tribunaux que les rats confinés dans de telles situations deviennent invariablement fous furieux et se mangent entre eux.
(…)
Ouverte en 1993, Calipatria est une prison de « niveau 4 », c’est-à-dire de sécurité maximum, qui accueille aujourd’hui 10 % des meurtriers condamnés en Californie, soit 1200 hommes. Pourtant le poste de garde de l’entrée principale est vide, comme dix des douze miradors du périmètre. Si l’étonnante absence de surveillance traditionnelle donne une impression de négligence, c’est une politique concertée. Daniel Paramo, le dynamique officier en charge des relations publiques, nous l’explique : « les gardiens dans les miradors se méfient de l’incertitude liée à l’erreur humaine. Ils vont plutôt accorder leur pleine confiance à l’Edison de la Californie du Sud »
Paramo se tient devant une clôture électrique menaçante, haute de presque : cinq mètres, prise entre deux grillages à mailles losangées ordinaires. Chacun des 15 brins individuels du câble est parcouru par 5 000 volts fournis par le barrage Parker ; environ 10 fois la tension reconnue comme mortelle. (…) Et quand le directeur de la prison mit tranquillement le courant en novembre 1993, la satisfaction de savoir que le système pénitentiaire avançait sans trop de controverse vers l’avenir technologique fut générale. « Mais », ajoute Paramo d’un air désabusé, « nous avions oublié de prendre en compte dans nos calculs les militants des droits des animaux. »
La prison se situe juste à l’est de la mer de Salton, un lieu de sejour hivernal de premier ordre pour les oiseaux aquatiques, et la clôture à haute tension, au doux vrombissement, est immédiatement devenue une balise érotique pour les oiseaux de passage. (…) En janvier, la « clôture de la mort » de Calipatria était un scandale écologique international. Quand une équipe de CNN arriva sur le parking de la prison, l’administration pénitentiaire jeta l’éponge et engagea un ornithologue pour 1’aider à améliorer la clôture. Il en résulta la seule clôture de la mort au monde écologiquement correcte. Paramo a quelques difficultés à ne pas sourire lorsqu’il d détaille les 150 000 dollars d’innovations : « un câble d’avertis ssement pour les rongeurs curieux : des déflecteurs pour empêcher les oiseaux sauvages de se percher, des petits passages pour les chouettes des terriers ». Calipatrla a aussi construit une jolie mare pour les oies et les canards de passage.
Comme le reste du système pénitentiaire, Calipatria fonctionne à peu près au double de sa capacité d’origine. Dans les quartiers de moyenne sécurité de l’Etat, on entasse des rangées sordides de lits superposés dans des auditoriums et des salles de jour reconverties, d’une manière proche des prisons de comté surpeuplées. Mais dans les établissements « haut de gamme » de niveau 4 comme Calipatria, on a simplement ajouté, un deuxième détenu dans chacune des petites cellules individuelles de 2 mètres sur 3. (…) Certtains psychologues du comportement ont témoigné devant les tribunaux que les rats confinés dans de telles situations deviennent invariablement fous furieux et se mangent entre eux. (…)
Ouverte en 1993, Calipatria est une prison de « niveau 4 », c’est-à-dire de sécurité maximum, qui accueille aujourd’hui 10 % des meurtriers condamnés en Californie, soit 1200 hommes. Pourtant le poste de garde de l’entrée principale est vide, comme dix des douze miradors du périmètre. Si l’étonnante absence de surveillance traditionnelle donne une impression de négligence, c’est une politique concertée. Daniel Paramo, le dynamique officier en charge des relations publiques, nous l’explique : « les gardiens dans les miradors se méfient de l’incertitude liée à l’erreur humaine. Ils vont plutôt accorder leur pleine confiance à l’Edison de la Californie du Sud »
Paramo se tient devant une clôture électrique menaçante, haute de presque : cinq mètres, prise entre deux grillages à mailles losangées ordinaires. Chacun des 15 brins individuels du câble est parcouru par 5 000 volts fournis par le barrage Parker ; environ 10 fois la tension reconnue comme mortelle. (…) Et quand le directeur de la prison mit tranquillement le courant en novembre 1993, la satisfaction de savoir que le système pénitentiaire avançait sans trop de controverse vers l’avenir technologique fut générale. « Mais », ajoute Paramo d’un air désabusé, « nous avions oublié de prendre en compte dans nos calculs les militants des droits des animaux. »
La prison se situe juste à l’est de la mer de Salton, un lieu de sejour hivernal de premier ordre pour les oiseaux aquatiques, et la clôture à haute tension, au doux vrombissement, est immédiatement devenue une balise érotique pour les oiseaux de passage. (…) En janvier, la « clôture de la mort » de Calipatria était un scandale écologique international. Quand une équipe de CNN arriva sur le parking de la prison, l’administration pénitentiaire jeta l’éponge et engagea un ornithologue pour 1’aider à améliorer la clôture. Il en résulta la seule clôture de la mort au monde écologiquement correcte. Paramo a quelques difficultés à ne pas sourire lorsqu’il d détaille les 150 000 dollars d’innovations : « un câble d’avertis ssement pour les rongeurs curieux : des déflecteurs pour empêcher les oiseaux sauvages de se percher, des petits passages pour les chouettes des terriers ». Calipatrla a aussi construit une jolie mare pour les oies et les canards de passage.
par Statler
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EXPERIENCE FUN UBER ALLES
par Statler
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EXPERIENCE AMERIKA UBER ALLES
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Fremont StreetTous les soirs, dans Fremont Street, un spectacle son et lumière est gracieusement offert par le consortium des propriétaires des casinos voisins. Sur une voute cylindrique, de quatre cents mètres de long est supporté par huit pylônes d'acier, les représentations se suvent toutes les heures : ondoiements de vagues lumineuse, passages d'avion supersonique, octogones dansants. Le nez en l'air, la foule, à chaque bruit, à chaque motif, s'exclame parfois entre deux gorgés de soda, comme s'il s'agissait de la naissance en direct d'une nouvelle galaxie. Fresques dédiées au dieu Fun, les explosions de deux millions d'ampoules clouent sur place des centaines de passants dans une extase païenne, pnctuée de quelques cris d'admiration qui tentent de contrefaire une émotion authentique. Ce spectacle résume à lui seul le pouvoir de Las Vegas : " la théologie la plus profonde médiocrité fait de chaque Saul un Paul" ( N Tosches, Holy City)
Désormais toute l'Amérique se shoote sans crainte ni remords au fun, s'injecte allègrement dans les veines de grandes rasades d'attractions visuelles avec des seringues stérélisées qui ont la forme de lunettes spéciales pour voir en trois dimensions ou d'écouteur stéréophoniques pour entrer en contact multisensoriel avec les baleines blanches.
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par Statler
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La culotte de MadonnaPendant que les pauvres du reste de la ville étaient entrain de piller des magasins de chaussures et des supermarchés, les classes laborieuses d'Hollywood -inspirées par quelque culte pervers de la célébrité - cambriolèrent le musée de la lingerie coquine de Frederick's et dérobèrent la culotte de Madonna. Et malgré une grosse récompense, le sous-vêtement n'a toujours pas été restitué.
(...)
Comme me l'a expliqué une dame d'âge mûr : "Le vol est un péché, mais là, il s'agit plutôt d'un jeu télévisé où tout le monde gagne."
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La société des loisirsLà où la fête annuelle permettait l'inversion des rôles et la transgression des règles, le parc d'attractions urbain de Las Vegas ne fait, de son côté, que reproduire, si ce n'est accentuer, les ségrégations sociales et économiques. La violence anti-sociale de la ville, sa nature sans foi ni loi, qui aurait pu conduire à une posture politique insolite, la première cité an-archiste de l'histoire, s'accomplit en fait en vue d'une fin qui ne manque pas d'être entièrement traditionelle et conservatrice : le profit de quelques uns. Là encore la prétendue folie de Las Vegas confirme notre réalité, plus qu'elle ne la modifie ou la corrige. (...) Ce qui s'y trame ne révèle rien de moins que l'orientation récente de notre civilisation marchande, laquelle joue là sans doute son dernier tour de passe-passe : l'utopie des loisirs et du fun permanent.
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Le Bunker comme projet d'urbanisme
Est-il vraiment besoin d'expliquer pourquoi la peur ronge l'âme de Los Angeles ? Seule la peur de l'impot progressif chez la classe moyenne surpasse l'obsession actuelle pour la sécurité personelle et l'isolation sociale. Au regard des insolubles problèmes de la pauvreté urbaine et de l'itinérance, et malgré une des expansions les plus rapides de l'histoire économique américaine, un consensus bipartite ne démord pas des principes d'équilibre absolu de tous les budgets et de réduction des régimes d'indemnisation. Puisqu'il n'y a aucun espoir de voir les investissements publics augmenter dans le but d'améliorer les conditions sociales, nous sommes obligés de consacrer de plus en plus d'argent public et privée à la sécurité des personnes. La réthorique des réformes urbaines continue, mais la substance en est vidée. "Reconstruire LA" veut simplement dire consolider le bunker.
Quand la vie citadine se pare d'une armure, les différents milieux sociaux adoptent des stratégies et des technologies sécuritaires selon les moyens dont ils disposent. Sur le même modèle que la cible de Burgess, elles s'organisent en une série de zone concentriques dont le coeur est Downtown. dans la mesure où ces mesures de sécurité sont des réactions à l'agitation sociale, il est possible de parler d'une "tectonique des émeutes", qui épisodiquement froisse et restructure l'espace urbain.
Une des conséquences en est l'érosion toujours plus grande de la frontière entre l'architecture et le maintien de l'ordre.
Quand la vie citadine se pare d'une armure, les différents milieux sociaux adoptent des stratégies et des technologies sécuritaires selon les moyens dont ils disposent. Sur le même modèle que la cible de Burgess, elles s'organisent en une série de zone concentriques dont le coeur est Downtown. dans la mesure où ces mesures de sécurité sont des réactions à l'agitation sociale, il est possible de parler d'une "tectonique des émeutes", qui épisodiquement froisse et restructure l'espace urbain.
Une des conséquences en est l'érosion toujours plus grande de la frontière entre l'architecture et le maintien de l'ordre.
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La ville Entertainment
Bien que, d'une certaine manière, elle défie toutes les catégorisations en raison de son outrance et de sa nature protéiforme, Las Vegas offre cependant un moyen in situ d'étudier les villes post-industrielles qui tentent après le déclin du travail en usine et manufacturier, de s'organiser autour des artères dévolues aux commerces de masses et aux loisirs.


par Statler
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Une découverte archéologique sur la fantasy en technicolor
Dans les années cinquante, les casinos mettaient à profit la proximité géographique des essais nucléaires pour en faire le blason de Las Vegas : soirées atomiques, coupe de cheveux atomique, cocktails atomiques. Ignorant les risques de la radiation nucléaire (le gouverement fédéral ne les révéla officiellement qu'au début des années soixante), certains hôteliers organisaient même des piques-niques au nord de la ville pour assister en direct au spectacle de terribles explosions en forme de gerbe. En 1953, sur ses brochures, l'Atomic View Motel garantissait pour sa part une vue imprenable, de n'importe laquelle de ses chambres sur le phénomène.


par Statler
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