
Et voilà que l'État va indemniser les proprios de voitures brûlées. Ce sont les marchands de caisses qui vont être contents. Peut-on considérer que les émeutes à venir seront subventionnées ? Ça, c'est du service public !
Aujourd'hui la répugnance grandissante des chomeurs pour le travail salarié ne permet plus qu'on les utilise à bas prix : cette fois, l'inflation persiste avec le chomage. La bourgeoisie a fait de la vie une marchandise. Elle ne sera jamais assez riche pour satisfaire le désir de richesse humaine des prolétaires. Elle est condamnée à la faillite. Au moment où la bourgeoisie solde massivement son qualitatif tout en pronant l'austerité salariale, les travailleurs découvrent à la fois la précarité de leurs gains en argent, la limite absolue du salariat et l'austérité foncière des rapports marchands. L'inflation désintègre complètement le corps social.
Jean-Louis Moinet, Genèse et unification du spectacle

Défense de l’Occident
A-t-on encore le droit de parler de l’Occident ? Est-ce souffler sur le feu, attiser les haines, déchaîner la violence entre les peuples aux cultures et aux religions différentes ? On voudrait le faire croire. Rien n’est plus faux. L’Occident est une civilisation qui a longtemps représenté aux yeux du resté du monde l’humanisme et la liberté. C’est avec ce visage qu’il a émergé de l’Histoire. L’Occident comprend essentiellement l’Europe et l’Amérique du Nord. La communauté transatlantique constitue la meilleure définition de l’Occident. L’Europe et l’Amérique nourrissent les mêmes idéaux collectifs, l’une et l’autre croient à la démocratie, elles sont attachées au respect des droits fondamentaux de la personne, à la liberté individuelle ; elles croient à l’économie de marché, à la concurrence, au progrès né du dynamisme individuel. (…) L’Occident a toujours eu l’ambition d’étendre au-delà de cet espace géographique son message de civilisation et, convaincu de sa valeur sans pareille de le donner en exemple aux autres peuples. Les grandes découvertes, la révolution intellectuelle, scientifique, industrielle, la conquête d’empires coloniaux : durant des siècles, l’Occident a dominé le monde. L’émergence des pays d’Asie, d’Amérique latine, voire d’Afrique, privera chaque jour davantage l’Occident de sa suprématie. Tout doit s’organiser pour défendre ses principes, ses convictions, sa civilisation ; c’est un devoir politique et moral.
Ed. Balladur - Pour une Union Occidentale entre les Etats-Unis et l'Europe

Etrangers, ne nous laissez pas seul avec les Français !
Sur ce lien intime entre la politique et la question des étrangers, aujourd’hui absolument central, il y a un texte étonnant de Platon, c’est à la fin du livre IX de La République. Les jeunes interlocuteurs de Socrate lui disent : « Ce que tu nous as raconté, là, sur la politique, c’est très bien, mais c’est impossible. On ne peut pas le réaliser. » Et Socrate répond : « Oui, dans la Cité où l’on est né, c’est peut-être impossible. Mais ce sera peut-être possible dans une cité étrangère.» Comme si toute politique vraie supposait l’expatriation, l’exil, l’étrangeté. Souvenons-nous de cela quand nous allons faire de la politique avec des étudiants venus d’ailleurs, des ouvriers des foyers, des jeunes des banlieues : Socrate a raison, le fait qu’ils soient étrangers, ou que leur culture soit différente, n’est pas un obstacle. Au contraire ! La réalisation d’une politique vraie en un lieu de ce monde unique que nous proclamons a absolument besoin, pour sa possibilité même, de ceux qui viennent d’ailleurs.
Un premier ministre socialiste français a dit, au début des années quatre-vingt, se faisant le porte-voix «civilisé » de Le Pen : « Les immigrés sont un problème. » Nous devons renverser ce jugement et dire : «Les étrangers sont une chance ! La masse des ouvriers étrangers et de leurs enfants témoigne, dans nos vieux pays fatigués, de la jeunesse du monde, de son étendue, de son infinie variété. C’est avec eux que s’invente la politique à venir. Sans eux nous sombrerons dans la consommation nihiliste et l’ordre policier.
Que les étrangers nous apprennent au moins à devenir étrangers à nous-mêmes, à nous projeter hors de nous-mêmes, assez pour ne plus être captifs de cette longue histoire occidentale et blanche qui s’achève, et dont nous n’avons plus rien à attendre que la stérilité et la guerre. Contre cette attente catastrophique, sécuritaire et nihiliste, saluons l’étrangeté du matin.
Al. Badiou - Circonstances, 4

Il y a une drôle d’odeur de cramé en France. L’actualité est à quelques incendies opportuns en temps de grève, parfois qualifiés, paraît-il, de terrorisme (on se pique de mots). Il conviendrait toutefois de remettre ce terrorisme là à sa place dans la longue liste de petits actes qui montre a quel point en France partout autour de Jean-Pierre Pernault (Jean-Pierre Pernault est à comprendre comme une image de synthèse du cul-blanc standard) le terrorisme diffus et anonyme menace. A son compte, les attaques diverses et variées, des locaux politiques du régime () oscillant avec un égal bonheur entre potache et crime. Également, la vague d’attentats spontanés qui frappa les Anpe fin 2005 début 2006, les récurrents incendies d’écoles, de bus et les get-apens réguliers contre la police, j’en passe (une pensée émue tout de même pour AZF). Du coup, peut-être que certains affutent déjà leurs armes. A se demander si c’est ainsi que tout peut effectivement devenir possible.
On sait combien les guérillas développent le courage individuel, l’audace et l’esprit de décision ; autant peut s’en dire du sabotage. »
Emile Pouget, Le Sabotage
Par hasard, je tombe sur les pages « Décryptages » du Monde daté du 15 juillet. Dans un entretien qui cherche un peu querelle à Alain Badiou sur des sujets qui fâchent (Israel, le sionisme et le massacre des juifs dans les années trente et quarante), j’ai trouvé une perspective et une réflexion sur notre époque a-historique.

Le ralliement à Monsieur Sarkozy symbolise la possibilité pour des intellectuels et des philosophes d’êtres désormais des réactionnaires classiques « sans hésitations ni murmure », comme dit le règlement militaire. (…) La séquence de l’après-guerre avait constitué le personnage bien typé de l’intellectuel de gauche. Nous allons assister – ce à quoi j’aspire – à la mort de l’intellectuel de gauche, qui va sombrer en même temps que la gauche toute entière, avant de renaitre de ses cendres comme le phénix ! [Quelle exaltation !] Cette renaissance ne peut se faire que selon le partage : ou radicalisme politique de type nouveau, ou ralliement réactionnaire. Pas de milieu.
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Je polémique contre ceux qui disent que « juif » est un nom, et non pas un mot, c’est à dire ceux qui soutiennent que le mode de rassemblement que ce nom forme est unifié et absolument irréductible à tout autre. A mon avis cela n’est soutenable que si intervient la transcendance divine. (…) Il serait terrible pour les juifs, cette multiplicité vivante, de laisser le mot dont ils se réclament, et qui est lié de longues date aux aventures de l’universel, devenir l’emblème du capitalisme modernisé, de la xénophobie anti-arabe ou anti-africaine et des guerres américaines. (…) Le traumatisme inouïe qu’a été l’extermination des juifs d’Europe dans les chambres à gaz du nazisme rend cette instrumentation redoutable, parce qu’elle sidère la pensée, l’immobilise dans une mémoire conservatrice. (…) Je pense que la promotion des massacres et des victimes comme seuls contenus intéressant de l’Histoire est liée à un processus profond de dépolitisation. Examiner toutes les situations exclusivement à travers des catégories morales conduit à l’impuissance politique. (…) Une mémoire émotive fondée sur l’horreur et ses images est en réalité ambivalente.

« Notre profession sert à guérir les gens », s'est insurgé le président de l'Association britannique des docteurs étrangers, Prasad Rao, dans les colonnes du Guardian.
« J'ai été choqué d'entendre qu'un médecin pouvait être de près ou de loin lié à des gens qui essaient de mutiler ou de tuer d'autres gens sans raison. Le devoir d'un médecin, même s'il se retrouve face à un terroriste blessé, est de l'assister médicalement », a-t-il souligné.
White a indiqué qu'il avait communiqué cette mise en garde à un haut responsable au Foreign Office, mais en ne rapportant pas précisément ces termes.
Interrogé par l'AFP, une porte parole du ministère britannique des Affaires étrangères a répondu que « le responsable en question ne se souvenait pas avoir eu une telle conversation » avec le vicaire anglican. (AFP)
Cela laisse penser que les terroristes présumés ont pu entrer dans le pays en profitant de dispositifs visant à encourager les médecins étrangers à venir combler la pénurie de personnel qualifié dans les services de santé publique. Les procédures d'immigration concernant les professionnels de la santé seront vraisemblablement révisées au Royaume-Uni, et peut-être aussi dans d'autres pays comme les États-Unis. Il semble inévitable que d'autres médecins étrangers, déjà entrés sur le territoire national grâce à cette filière, soient soumis à des vérifications de sécurité. (...)
Ces événements pourraient aussi avoir des effets dévastateurs sur le système de santé publique, qui a de plus en plus recours à des praticiens étrangers. (Financial Times)
À l'approche du deuxième anniversaire des attentats du 7 juillet 2005 à Londres (56 morts, dont les quatre kamikazes), la police a arrêté mardi deux hommes à Blackburn, dans le nord de l'Angleterre, en vertu de la loi antiterroriste, alors qu'ils tentaient d'acheter des bonbonnes de gaz. D'après un témoin, tous deux étaient d'apparence asiatique.
Si les forces de l'ordre ont affirmé qu'il était « trop tôt pour confirmer » un lien entre ces deux arrestations et les événements de Londres et Glasgow (où des bonbonnes de gaz avaient été utilisées), la piste des médecins étrangers employés dans des hôpitaux britanniques se précise dans l'enquête sur les tentatives d'attentats de vendredi et samedi. (AP)
Un porte-parole de l'hôpital de Halton a confirmé une information parue dans la presse britannique selon laquelle un quatrième suspect, arrêté samedi soir à Liverpool, est également médecin. Il s'agit d'un Indien de 26 ans, qui travaillait également à Halton, selon le porte-parole Mark Shone, qui n'a pas souhaité divulguer son nom ni d'autres détails. (AP)
Le lundi 2 juillet, on apprend que l'une [des personnes arrêtées] est le chirurgien Mohammed Jamil Abdelkader Asha et l'autre, son épouse, Maroua Danaa, laborantine. Jordaniens d'origine palestinienne, ils travaillent tous les deux pour le NHS, à l'hôpital universitaire de North Staffordshire depuis 2005 (...).
Les patients d'Asha sont sous le choc : « Il doit être vraiment habité par ses convictions, pour sauver des vies une semaine, et la suivante, vouloir faire sauter des gens, et les envoyer à l'hôpital où il travaille... » dit le proche d'un malade.
Selon ses amis jordaniens, Mohammed avait l'air changé lors de sa dernière visite au pays en 2006, il semblait affecté par l'idéologie islamique en Grande-Bretagne. (Euronews)
« Mohammed porte une barbe, oui, c'est vrai, mais c'est juste un homme religieux et pratiquant » affirme son père. (France Info)
Hier, c'était l'anniversaire de Tonton Milou. Désespéré, il a fini par me téléphoner pour que quelqu'un le lui souhaite. Aujourd'hui, c'est la fête nationale us mais, ça, les Duziel l'ont déjà célébré samedi dernier.
Un autre qui descend d'avion, c'est Éric Damfreville, libéré par l'Émirat taliban, et France-Info claironne : « Il est vêtu à l'afghane, longue tunique et pantalon très large, et non de l'habituel blouson en cuir de l'armée que portent les otages libérés. »
Et voilà. « Otage libéré » est un statut d'une telle banalité qu'il a son uniforme.
Bon. On verra comment seront habillés ceux-là. S'ils reparaissent un jour, mais « "Nous continuons à prier pour qu'on les retrouve sains et saufs", a déclaré le général William Caldwell, porte-parole en chef de l'armée américaine en Irak. »
