Quand Toni sortait de sous la terre, son premier regard était chaque fois pour l'Arche. Il y avait là une grandeur dont il ne voulait pas se lasser. Il se l'interdisait. Il était fier de cette rigueur. C'était comme si ce monument était dressé sur son chemin exprès, un rappel de son potentiel. Une promesse à tenir. Un devoir. C'était là le début du rituel.Puis ses yeux étaient au niveau de l'esplanade. Ils évitaient ceux du sdf toujours placé exactement dans l'alignement de l'escalator, tenant son journal, sans rien dire, il devait voir d'abord apparaître le haut des crânes. Les têtes, les visages ensuite. Les épaules, les corps, en, quoi ? deux, trois secondes. Ces milliers de costumes. Se faisait-il des réflexions sur les couleurs des cravates ? Le Mal-logé. Ou le Sans-logis ? Les yeux de Toni cherchaient vaguement, sans qu'il y pense, ses yeux furetaient jusqu'à apercevoir la vieille qui semblait attendre quelqu'un. D'un côté ou de l'autre, plus ou moins éloignée. Immobile, comme accrochée à quelque chose. Arrivé en haut de l'escalier, Toni vérifiait son estimation de la température au thermomètre public et tournait le dos à l'Arche en quelques pas, depuis peu toujours par le côté où se trouvait la vieille. Il appréciait alors la perspective, Paris, là-bas. L'expression de tant de potentiels. De la brume ou une image bien nette, une lumière matinale splendide. Encore nuit, déjà jour, parfois le soleil qui si près de l'Arc de Triomphe, il y avait des dates où il était aligné, lui aussi, et des heures, évidemment. Le rituel était terminé, Toni marchait vers la Tour.
Le jour où Toni vit cette foule, tous ces costumes, les femmes aussi, tous avançant droit devant, si petits dans ce cadre, dominés par les bâtiments immenses, avalés par la Tour, ce jour où il les vit comme autant de fidèles d'une quelconque religion antique affluant au temple, ce jour-là, Toni manqua s'arrêter pour mieux jouir de l'image. Il sourit et, au contraire, hâta le pas. Oui, il officiait. Il agissait, il faisait tourner la machine, à coups de choix, de prises de risques, de responsabilités, c'est la même chose, il utilisait son potentiel.
Toni repensa au numéro de Time, la personne de l'année, le lecteur lui-même, You, Vous faites la société de l'information, il imaginait le magazine au dix-neuvième siècle titrant sur l'ouvrier personne de l'année, Vous faites la société industrielle, non : Ils font la société industrielle. Juste une intuition comique, il réfléchit à la manière de la tourner pour la raconter.
Les revendications étaient d'ordre salarial. Cette nuit, Washington demande l'application immédiate de ces sanctions. Les deux hommes ont promis de se revoir prochainement.
— Tu dis ça comme si tu t'étais trouvé des cheveux blancs.

Le jour où Soso est devenu grand son frère avait simplement appelé leur mère pour lui annoncer qu’il l’emmenait avec lui. Sans même dire où. Le coup de fil n’avait pas duré deux minutes, et pourtant le grand frère était particulièrement au ralenti. Soso en avait presque été déçu, tant la situation était excitante. Puis la fierté avait repris le dessus. Il avait apprécié cette confiance à rebond. Il suivait son frère. Sa mère le confiait à son frère. Son frère le prenait sous sa responsabilité, rapport à la mère, mais surtout aux potes. Pour une fois, c’était bien comme ça, il n’aurait pas voulu de la place du milieu. Pas là.
Le garçon avait retrouvé son aîné en bas de la tour 17, un peu après le match, une fois que la France avait gagné. Il avait dédaigné des copains pour rester avec les ados. Tout le monde refaisait le match. Soso apprenait à rire comme les grands, très fort, ils s’appuyaient contre le mur. Ils riaient et ils criaient, contre le mur, à des moments que l’enfant ne comprenaient pas encore. Ils refaisaient le match et les gestes techniques avec des mimiques et des remarques que les petits imiteraient dès le lendemain, après l’école. Personne n’avait tendu le joint vers Soso. Tant mieux, il avait trop peur de tousser devant les potes, et surtout son frère. Comme la fois où il avait essayé, quand Aurel avait effacé un mégot à son père, ils étaient allés après le boulevard, plus loin que le Lidl. Aurel toussait et crachait et lui aussi. Mais ça ne soulageait pas d’une impression d’être malade bientôt. Ils sentaient des larmes et ne se regardaient pas les yeux. C’était il n’y a pas très longtemps et il ne voulait pas recommencer tout de suite.
Tout le monde parlait fort, les ados criaient et riaient contre le mur et quelques uns avaient déclaré : « On va aux Champs. Vous venez avec nous ? » Son frère en était, il avait montré qu’il avait remarqué sa présence et il avait demandé : « Tu viens avec moi ? »
Ils étaient partis en groupe, à travers le parc, tout vide, plutôt drôle, mimant des passes. Ils n’étaient pas allés à La Défense parce qu’on leur avait dit que c’était plein de flics qui contrôlaient pour bloquer mais, à Préfecture aussi, des uniformes surveillaient l’entrée en sous-sol du RER. Pourtant, les gens passaient. Allez, tant pis, on paye. C’était cher, quand même. Heureusement, ils avaient du fric. Les cognes ne les avaient même pas fouillés, juste regardés avec des airs méchants, il y en avait un qui faisait des bruits bizarres. En passant, Soso avait maté les armes, matraques, flash-ball et tazer, et la lacrymo tenue par une fille flic, un garçon manqué, comme Mina dans la cour qui jouait tout le temps au foot. Dans le wagon, c’était bondé, putain, tout le monde s’est donné rendez-vous là-bas et ces connards n’auraient pas pensé à mettre des rames à deux étages. Oui, tout le monde avait eu la même idée, la bande avait retrouvé des gars qui venaient de La Défense, ils avaient suivi le match sur l’écran géant et pris le RER avec la foule, ça ne contrôlait rien du tout. Des conneries, encore. Des mecs qui croient faire les importants. Arrivés à Paris, « Charles-de-Gaulle – Étoile » avait lu Soso, Charles de Gaulle, comme au parc, il est partout, lui, arrivés à Paris, ça poussait bien. Matez vos poches ! Il a eu peur de perdre son frère, il a eu un geste, il a failli prendre sa main. Finalement, il lui a attrapé le blouson et il a serré fort. Dans les couloirs, il ne voyait rien, juste le dos du frère et des corps qui l’enfermaient et le bousculaient et gueulaient, vachement contents, alors il n’a pas eu peur, il a crié avec les autres. À un moment, il n’avançait plus, peut-être bien depuis des minutes, il ne pouvait pas apercevoir les murs, que des épaules, et ça pressait de plus en plus fort, ça serrait, ça écrasait. ça faisait peur et c’était bien en même temps. Son frère l’a fait passer devant, il s’est mis dans ses bras. Ils étaient coincés. Il y avait un boucan pas possible, c’était long. Il a senti une bousculade, quelque part, toute la masse qui vibre. « Putain, laissez passer ! » Il ne pouvait même pas sauter ou grimper, il aurait voulu voir. Il avait soif et beaucoup trop chaud. La pression s’est relâchée vers l’avant, la poussée derrière a fait mouvement. Ils ont débouché dans une grande salle où il a respiré fort, ils ont passé des portes et monté un escalier qui menait à l’air libre, portés de marche en marche.
Là-haut, Soso n’étouffait plus mais ne voyait toujours rien. Juste il entendait et il criait, il se faisait bousculer et il levait les bras. « Ouais, le gosse ! » Il aurait dû mettre son tee-shirt de la France. Il gardait un œil sur son frère et les potes, ils se disaient des trucs en allant dans une direction puis une autre. Ils ont bougé dans un endroit plus dégagé. Ce monde, c’était incroyable. La fête, partout. ça a encore poussé quand un motard a voulu forcer, qu’est-ce qu’il croyait, lui ? Il avait pensé a passer son sac devant mais pas à baisser la visière et un mec lui a piqué ses lunettes de soleil, de la marque, sûr. Il allait pas laisser la moto là pour courser le voleur, il s’est arraché en force. Ils sont retournés sur les Champs, les grands visaient les parisiennes. Soso en a profité aussi pour toucher, son frère l’a vu et l’a charrié, les potes, ceux qui n’étaient pas perdus, l’ont encouragé, il était trop fier.
Le soir, il y a eu un truc avec les flics mais ils ne s’en sont pas mêlés. Pourtant, quand ils sont revenus à La Défense, des bleus ont voulu les contrôler et ça a commencé à cogner. Le RER était fermé, ils avaient dû marcher loin pour prendre le métro, heureusement qu’il y en avait qui connaissaient, c’était que des super maisons. C’est là qu’ils avaient rencontré le cousin à Abdou avec d’autres. Quand ils sont tous arrivés à La Défense, la bande au cousin a chauffé vite parce qu’ils portaient trop de téléphones dans les poches. Ici, Soso connaissait bien. Il a paniqué et il est parti d’un coup. Il a couru plus vite que jamais, il lançait tout son corps en avant. Il ne parvenait plus à penser, il fonçait droit, vers le quartier, ce n’est que sur la passerelle qu’il s’est demandé s’il était poursuivi.
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MEXICO (AFP) - Un séisme est survenu mercredi en Californie (États-Unis), provoquant une rupture des communications entre la Côte Ouest des États-Unis et le reste du monde.
Le tremblement de terre serait d’une magnitude de 5,5 à 6 sur l'échelle de Richter, inférieure à celle annoncée initialement, estime l’Agence de sismologie de Mexico. « L’amplitude la plus forte a été précédée d’une série de secousses ou d’explosions, comme des répliques à l’envers » a déclaré un responsable.
Les autorités fédérales des États-Unis n’ont pour l’instant pas fait de déclaration, aucun bilan n’est avancé.
La catastrophe survient dans un contexte de tension sociale en Californie. De nombreux hôpitaux sont paralysés par une grève qui dure depuis plusieurs jours. On ignore si cette situation a un impact sur l’organisation des secours.
Malgré la situation de la Californie le long d’une faille tectonique, les tremblements de terre ne sont pas très fréquents dans cette région. Les deux tremblements de terre importants les plus récents qui se sont produits le long de la faille de San Andreas, entre les plaques nord américaine et Pacifique, ont frappé les sections centrale (1857) et septentrionale (1906).
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Le match est arrêté à cause des gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre pour calmer un petit peu les supporters. Il faut dire que ce soir c’est vraiment pénible pour les journalistes de faire notre métier.
Quand les jours raccourcissaient, elle allait à des ventes privées de solidarité. Encore une habitude qu’elle avait prise ces deux, trois ans. Un espèce de mélange de rêve de jeune fille de bonne famille, genre bal de charité, elle n’avait pas encore osé s’y rendre en robe de soirée, et de vie à la con. Entre une bonne conscience soldée et la recherche intéressée de bonnes occasions. C’est fou comme elle avait changé. Elle faisait des choses qu’elle n’aurait pas crues. Elle allait à des endroits. La soirée où l’autre qui ne se prenait pas pour de la merde s’était pointée avec son mari qui bossait pour une grosse boîte. Il avait pris un congé parental pour rester avec le bébé. Et qu’est-ce que ça faisait jaser. L’air de ne pas y toucher, on ne peut pas être vieux jeu au point de paraître choqué, au contraire, Moi je dis c’est très bien comme ça, il fait un choix, voilà du courage, mais personne ne pouvait s’empêcher de faire une remarque. Elle l’avait regardée autrement depuis cette fois là. Une dizaine de jours plus tard, un petit jeune de l’étage en-dessous que sa collègue avait plus ou moins invité à la fête avait dit : Quelle pêche ! elle paraît si sûre d’elle-même, un idéal que tout le monde vise. Écoute, c’est vrai. Ses yeux pétillants. Son éloquence.
– Elle était sous antidépresseurs. Oui. Excuse-moi, elle était déjà sous antidépresseurs.
Les premières ventes privées de solidarité de la saison se tenaient à La Défense. Elles y allaient à deux ou trois, une fois quatre. Elle en revenait avec sa collègue en RER. En sortant, il fallait suivre tout un chemin pour rejoindre le hall et finalement le quai. Elles jouaient à se faire peur, à faire semblant de ne pas y croire. Avec toutes ces cités autour. Et qui se donnent rendez-vous ici. Elles se racontaient des anecdotes. Des faits censés attester une connaissance de cet autre monde, côté canaille. C’est là qu’elle repensait à la robe de soirée. Mais il y avait encore des gens en costume, plusieurs avec des valises à roulette, ces bagages de cabine en deux parties pour lesquels le bordeaux est une couleur osée. Arrivées à Paris, après un détour pour poser les sacs, déballant à peine leurs achats, elles allaient dans un bar ou un autre, un endroit connu ou propice aux rencontres. Elles relâchaient leur excitation.
Elle les voyait souvent à ces moments-là. D’une façon qui était devenue de la régularité. Elle les retrouvait pour l’apéritif dans un de leurs cafés favoris. Il ne fallait pas dire au bar, Julien y tenait particulièrement, il reprenait quiconque laissait échapper le mot : Si on va au bar, on va au bar, au comptoir, moi je veux bien, hein ? Quelqu’un prenait l’initiative et l’information circulait, le rendez-vous était rarement donné d’une fois sur l’autre. Qui était prévenu et, surtout, à quel moment, à quel niveau de la chaîne se situait-on, tout cela avait le goût d’une hiérarchie obscure, inavouée et pourtant portée avec fierté. Elle en avait été dérangée au début, elle se paraît d’un léger mépris. Elle a tiré de ces premiers sentiments une distance amusée, elle a perdu peu à peu le sérieux de ce regard et a pu partager la complicité de ce fonctionnement. Ils se retrouvaient pour l’apéritif et systématiquement venait la proposition d’aller dîner au restaurant. Tous ne venaient pas sans qu’il soit forcément possible de savoir à l’avance qui rentrerait et qui continuerait la soirée. Elle avait beaucoup aimé ce questionnement qui ne se laissait pas oublier, elle avait plusieurs fois reporté sa décision à cet instant où les cartes s’abattaient. Elle n’avait pas poussé à se faire prier, elle restait ferme si cela arrivait alors qu’elle avait dit non, mais il était arrivé qu’elle cherche à se faire désirer. Ils se retrouvaient et se disaient des choses comme Tiens, j’ai lu ton commentaire sur le blog d’Anne, J’ai bien aimé, il y avait un côté américain ou international dans cette nouvelle politesse publique, une gentillesse encourageante, un sourire de bon camarade, ou Je crois qu’elle veut dire que. Ils se disaient Éric a écrit qu’il ne va pas fort. Un jour, elle a lancé qu’elle trouvait que ces discussions n’étaient pas vraies, Vous parlez de choses qui n’existent pas. Vous commentez un blog puis vous vous voyez pour commenter ces commentaires. Pourquoi dis-tu ça ? Je suis d’accord avec elle, vous créez l’objet de votre discussion. Et alors ? c’est ce qu’on fait toujours. Ce qui te gêne, c’est le moyen de communication, ce n’est qu’un moyen de communication, c’est toi qui y voit un sujet en soi. Tu nous reproches, oui, tu nous reproches d’utiliser un blog ou une messagerie mais tu ne t’étonnes pas que nous nous téléphonions. Quand vous vous téléphonez, vous ne discutez pas de vos coups de fil comme ça après ! Qu’est-ce que t’en sais ? Je plaisante, mais je maintiens que c’est parce que c’est un blog que tu réagis comme ça, on en reparle parce qu’on est plusieurs à participer à des échanges à des moments différents, ce n’est pas comme un coup de fil, c’est autre chose, c’est un moyen en plus, tu peux le refuser. En somme, pour toi, c’était mieux avant ? Je crois que cette histoire de C’était mieux avant est commune à toutes les générations, t’as qu’à penser à ce que nos grands-parents ont dit de la génération de nos parents, je crois que les vieux ont toujours dit C’était mieux avant. Depuis cinq mille ans et quelques, au moins. Pourquoi cinq mille ? Parce que C’était mieux avant c’est le paradis perdu. C’était mieux avant c’est un truc de monothéiste, les autres il y a une continuité, ou des cycles, même s’il y a une création, des mythes fondateurs, après c’est parti, il n’y a pas de regret.Elle s’est mise à les voir régulièrement et à faire de plus en plus partie de ceux qui allaient au restaurant ensuite.
Il faut bien se représenter qu’un jour de grève c’est une catastrophe, parce qu’on perd du chiffre d’affaire. Un jour de grève, c’est plusieurs jours de bazar.
Sa mère l'a toujours engueulé pour la porte. Déjà quand il était petit, depuis qu'il a sa clef, en fait. « Mon fils, il faut que tu comprennes pour pas que t'oublies. Pense à fermer à clef tout de suite quand tu entres comme ça t'oublieras pas. Sinon les gens peuvent entrer quand même », elle disait. Puis elle a dit : « J'en étais sûre ! Je le savais que t'avais pas fermé. Tiens, je me le disais en mettant la clef : tu vas voir, il va pas avoir fermé. » Maintenant, elle ne dit plus rien mais elle le regarde en tournant la clef dans la serrure, s'il est dans la pièce. Alors, quand il l'entend arriver, il va dans la chambre ou dans la cuisine et, il y pense, il se demande où elle porte les yeux pendant qu'elle verrouille, ça lui fait drôle, comme s'il était un petit garçon. Alors qu'il en a jamais rien eu à faire, elle pouvait lui crier dessus, même quand elle le regarde. C'est de la pitié qu'il a.Elle ne dit plus rien et elle le regarde et il a envie de demander : Quoi ? Qu'est-ce qu'elle va lui dire ? Maintenant, les gens c'est ses potes, ou vaut mieux pas qu'ils entrent. Y a personne dans la tour qui serait assez con pour forcer sa porte. Bon, c'est surtout à cause du frère mais, lui aussi, il commence à être connu.
De toute façon, il n'a jamais compris cette idée qu'on est plus en sécurité tout seul et enfermé. La sécurité c'est les copains et se faire respecter.
« Il y a maintenant la volonté, nouvelle, de se faire un flic, une volonté de tuer. » « Nous payons aujourd'hui le prix fort du démantèlement de la police qui a conduit à la perte de contrôle des zones de non droit de manière totale et définitive. Cette affaire met en lumière que nous n'avons pas à faire à des "jeunes" qui réclament d'avantage de social, mais bien à des individus qui ont déclaré la guerre à la République. » « À travers la police, c'est toutes les institutions républicaines de l'État qui sont attaquées. » « Le changement depuis un mois, c'est qu'on veut quasiment les tuer, les lapider », a-t-il ajouté. On risque, selon lui, de passer « d'une logique de ségrégation à une logique de sécession » dans ces quartiers où des jeunes prétendent rester maîtres de leur territoire. « Nous souhaitons par ailleurs la mise en place de la vidéo surveillance sur la voie publique et dans les parties communes des HLM ainsi qu'une surveillance aérienne permanente des zones de non droit par des drones ou Unmanned Air Vehicle (UAV). »
SACRAMENTO (Agences) - Un important séisme qui été très bref et très violent a touché ce matin la Californie (côte Ouest des États-Unis).Une alerte au tremblement de terre a été émise immédiatement, pour la Californie et la Basse-Californie (Mexique), a annoncé lundi le Centre d'alerte pour la Côte Ouest, situé à Sacramento. Le tremblement de terre a atteint une magnitude de 7,5 sur l'échelle ouverte de Richter, a indiqué le Dr. Zi Fo, de l'Agence de sismologie de Mexico. Un autre spécialiste cité par l'agence America a lui estimé que la magnitude pourrait avoir atteint jusqu'à 7,8. L'épicentre du séisme a été localisé en plein sur la faille de San Andreas, ce qui ne va pas sans nourrir d'ores et déjà de nombreuses polémiques à propos de la survenue du "Big one", comme les Californiens appellent le tremblement de terre appelé, selon eux, à détruire leurs principales villes.
De nombreux habitants de Los Angeles sont sortis dans la rue après la secousse tellurique qui s'est produite à 10H19 (03H19 GMT). Le séisme a également causé des scènes de panique à San Francisco (500 kilomètres au nord de Los Angeles) et San Diego (100 kilomètres au sud de Los Angeles), selon une radio locale. "Les gens paniqués sont sortis en courant de leur bureau", a déclaré à la radio RPACW un employé. Les tremblements de terre ne sont pas si fréquents dans cette région, malgré la place qu'ils occupent dans l'imaginaire. Les deux tremblements de terre importants les plus récents qui se sont produits le long de la faille de San Andreas, entre les plaques nord américaine et Pacifique, ont frappé les sections centrale (1857) et septentrionale (1906).
Mon mari lui a dit : Alors, vous faites quoi comme offre ? Le banquier a répondu : Alors, on ne peut faire mieux que quatre et quelques, tu vois, je ne sais plus. Et mon mari répond : Ah, bon ? Parce que un de vos concurrents fait trois et quelques, trois quatre-vingt, quatre-vingt-dix, je ne sais pas, tu vois. Et le banquier dit : Non, attendez, qui ? Et mon mari lui sort les papiers qu'on a imprimés d'Internet, il lui montre, des trucs qu'on avait, des offres, des devis, mais on ne les avait pas. Et il lui dit : Voilà, trois quatre-vingt-et quelques, je croyais qu'on aurait mieux chez nous, dans notre propre banque, mais, voilà, c'est pas grave, c'est vraiment pas grave. Et le banquier dit : Bon, attendez, je vais voir, je vais demander, mais ça ne dépend pas de moi, il faut que je demande. Il a téléphoné, et on a eu le prêt à trois cinquante, je sais plus, je te dis, on l'a eu, moi, je ne peux pas faire ça.
Et la surprise d'hier, c'était les tests anti-dopage.
— Quand j'arrive chez des gens, je ne peux pas m'empêcher de regarder ce qu'il y a sur la dernière étagère. En général, c'est des livres.— Moi, je fais comment, pour mes enfants ? Je ne les laisse pas toucher. Je suis malade à l'idée qu'ils lèchent de la poussière.
— Quand on pense à ce qu'on lèche, des fois.
— Moi, chez des gens, quand j'arrive chez des gens, je regarde sur la télé, sur le dessus. L'écran est toujours à peu près net, mais c'est sur le dessus que tu vois si c'est entretenu ou pas.
— Heureusement qu'ils ont inventé des écrans plats.
— Ah, ah, ah !
— Ah, ça me rappelle une histoire. C'est dans le bus. C'est des ados, dans le bus. Des jeunes, genre banlieue, cité, l'accent, tu vois. Elle, il y a une petite, elle parle télé, je sais plus pourquoi, elle parle d'une télé. Un écran seize neuvièmes. Et lui, il veut se montrer, il y a un jeune qui répond : "Quoi, seize neuvièmes ? Moi, j'en ai une, quoi, elle fait bien, je sais pas, ma télé elle fait bien vingt neuvièmes, là. Au moins."
— Ah, ah ! Et puis, on doit se poser la question d'une femme de ménage, on peut dire.
— Moi, je vois, je n'ai pas le temps. Si je compte, je n'ai pas le temps.
— Oui, en fait c'est une question de temps.
— En fait, tu n'as pas le temps, alors tu achètes le temps que tu n'as pas, ça fait du temps en plus.
— Oué. Tu es bien payé si tu peux te payer plus de temps en plus que le temps que tu bosses.
— Et, bien sûr, tu ne peux jamais.
Juste et humaine. Humaine, ça veut dire qu'on ne prend pas le risque d'être condamnés encore une fois par la Cour européenne.
On doit tous mourir ensemble.
Elle ne se retourne plus à ce moment là. Elle s'élance, elle ne jette pas un regard en arrière. Mais elle ne peut empêcher cet instant suspendu, la seconde, le bout de seconde, le souffle en arrêt, le pouls, toute l'attention dans l'ouïe, tendue, cet instant où la porte va claquer dans son dos, refermée. Elle ne se retourne plus pour voir si quelqu'un. Mais elle écoute. Elle inspecte le silence de la seconde, le bout de seconde qui suit immédiatement de chlang de la porte, dans son dos. Ce moment où elle sait exactement la position relative des passants présents sur le trottoir. Qui peut suivre sans se précipiter ou non. Elle ne peut s'empêcher de calculer cette seconde là. Le bout de seconde où elle entre dans son bâtiment, où elle n'est plus dans la rue. Elle est seule, la porte fermée.Il faut que m'achète une télé. Je me sens comme ce paysan moyen-âgeux qui arrive à chaque fois en retard à la messe. Il n'est pas au courant, il ne sait pas ce qu'on sait, ce qui se dit au village. Mais j'assiste à l'office.
Mes phrases toutes faites se répètent et mes situations toutes faites ne collent jamais à la situation. Il faut vraiment que je m'achète une télé.
Être est une provocation.
Blaise ne couchait pas avec Rosette. Contrairement à ce qu'il laissait entendre à ses amis, à ses copains, aux gens qui faisaient une allusion qu'il ne relevait pas, il n'était même pas un de ses amis. Mais peut-être qu'il le croyait. En tout cas, il la suivait. Ou il suivait sa mère, qui la suivait. Blaise participait aux réunions de Chagossiens exilés, déportés, disaient certains. Il était présent aux conférences de presse et aux prières collectives. Il avait bien changé depuis la mort de sa sœur et ce n'est pas qu'il l'aimait tant. Mari matte, passons. Quelques mères préparaient le retour. Des familles, qui savaient pouvoir revenir au cas où, annonçaient leur volonté de s'installer là-haut. Elles avaient gagné ce droit. La mère de Blaise se voyait déjà dans sa maison, dont elle partageait le souvenir avec tout le monde.Et puis, le vingt-et-unième siècle est arrivé. Quelque part, les deux tours du Temple du Commerce du Monde se sont effondrées. La planète était en guerre, officiellement. Les Américains ont fait savoir que personne ne s'approcherait de leur base navale. Les Chagossiens, ceux qui avaient tout de même embarqué, ont eu droit à un petit tour vers les autres îles, si loin de Diego-Garcia. Ils sont revenus avec un sourire forcé : « On a revu les zîles-là-haut. » Mais pas Diego-Garcia.
Oui, justement, ne t'impatiente pas : C'est à ce moment que des bruits ont commencé à circuler sur ce que faisaient les Américains sou tapis, soumarin, eh, eh ! Déjà depuis 1972, je me souviens, on nous avait raconté le Noël qu'avaient passé les soldats. Avec un animateur et des filles venus tout exprès de chez eux. Un spectacle comme à la télé. Et les nuits qui ont suivi. Tu parles, là-haut, ils se plaignaient qu'il n'y avait pas une fille. Même que ça a donné des idées à certaines, pas forcément des Chagossiennes d'ailleurs. Elles ont vite renoncé : personne n'approchait Diego-Garcia. Des B-52 en décollaient tous les jours pour aller bombarder l'Afghanistan ou n'importe quel coin de la planète aux antipodes de l'Amérique. Des bruits couraient. Blaise en parlait à Majo, ou bien Majo demandait à Blaise. Il se disait que les soldats américains avaient profané des tombes. Des photos circulaient, les cimetières n'étaient plus entretenus. Blaise s'indignait pendant les réunions et évoquait la tombe de son grand-père, dans quel état la retrouverait-il ? Car il la retrouverait. Blaise avait bien changé. En tout cas, il s'arrangeait pour que son ivresse soit discrète. Avec Majo et les autres, ils continuaient à boire, mais ils trinquaient maintenant au retour ; ce qui convenait à tout le monde.Oui, ne t'impatiente pas, à ce moment des bruits ont circulé. Tu sais comment s'appelle la base américaine ? Camp Justice, ça ne s'invente pas. Rosette, d'autres aussi, ont commencé à raconter des choses, des « avions privés », pas l'USNavy ou l'USAF, pas même les Anglais, qui arrivaient et repartaient. Ils parlaient en même temps de Guantanamo, les Européens parlaient d'avions-prisons passés par chez eux, tout le monde parlait de torture et de droits bafoués, bonjour le vingt-et-unième siècle. Moi je suis trop vieux pour ça, mais toi, tu fais quoi ? Tu témoignes ? Mais non, c'est nous qui témoignons. Tu as entendu ce que tu voulais et, maintenant, tu fais quoi ? Camp Justice, ça ne s'invente pas.
