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Lundi 5 mars 2007

La première on la doit à l’inénarrable macaque humaniste du Vésinet qui poursuit, bonhomme, à faire, le bouffon sur la place du village. Ce matin sur France Inter, ce vieillard qui prétend sans vergogne incarner un avenir radieux, tel le premier Maurice Thorez venu (Valmy morne plaine !) disait pour faire rire : « C’est en apprenant à aimer son animal de compagnie que l’enfant se socialise et apprend à aimer le monde extérieur. » Je rêve de l’humanité des animaux.

 


Et au café du commerce on peut lire une interview de l’oracle Emmanuel Todd, plein de dévotion, rendant hommage aux puissances célestes de la création : « l’économie, ce n’est pas l’abolition de la matière, mais sa transformation par l’intelligence. » Ce que savent évidement tous les esclaves offert en sacrifice à cette terrible divinité.

 


 Puis en écho d’une conversation inachevée, quelques notes provenant de chez Rothschild du samedi 3, où un chercheur spécialiste, tapinant à Science Po, bavasse à propos de la « dissidence électorale » : 

 Au final, celui qui est élu n’a rassemblé que 10 ou 15% des inscrits au premier tour.

Si les électeurs jugent que le système politique n'est plus en mesure d'améliorer leur existence, ils se retirent du jeu, via l'abstention, ou en critiquent le fonctionnement, via le blanc ou les votes protestataires. Pour certains, c'est un renoncement. Les électeurs considèrent que le vote n'est pas en mesure de déterminer la politique appliquée au pays. La dissidence électorale constitue la première étape d'une crise plus grave. Elle ne constitue pas le stade suprême de la crise. Elle s'exprime au cœur d'un système régulé par l'élection avec une proportion croissante de scepticisme. Mais l'ensemble du système s'ordonne toujours autour de l'élection. L'étape suivante serait que cette dissidence s'exprime en dehors du champ électoral.

Le profil des dissidents qui votent pour l'extrême gauche est très différent du profil de ceux qui votent pour l'extrême droite. En terme de masse, abstentionnistes et électeurs d'extrême droite viennent avant tout des couches populaires. Ce sont les principaux pourvoyeurs de la dissidence électorale.

Le système politique le plus exposé au scepticisme des électeurs constatant l'européanisation compliquée et la mondialisation inquiétante est celui où l'on prétend à la fin confier le pouvoir à une personne et une seule. Peut-être, aux yeux des électeurs, l'élection présidentielle pose-t-elle un problème spécifique dans notre nouveau monde. Est-ce qu'elle ne porte pas une promesse invraisemblable ? Elle demande à l'électeur de croire à la puissance providentielle. Aujourd'hui, cette croyance s'affaisse.

Selon l'Insee, trois millions de personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Trois millions d'électeurs ne peuvent même pas être invités aux rendez-vous électoraux. C'est une masse énorme. Certaines estimations laissent même penser que ce chiffre pourrait être plus important. Ce n'est même plus du silence. Toutes ces personnes sont électoralement invisibles. Des jeunes, des ouvriers, des employés, des urbains, des hyperurbains appartiennent à cette foule des invisibles.


 

 
 
 
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