par Statler et Waldorf
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le balcon

Eh ben, Stat, c'était la dernière partie de dominos de l'année. Au coin du feu, la neige par la fenêtre. Tout comme il faut. Avec même l'abonné (en bas de la colonne de gauche) Padubi qui arrive à minuit et demi pour l'apéro, un peu énervé, il est vrai, mais c'est la mode, non ? (Il risque de repartir pour un tour en lisant ça s'il n'est pas encore retourné vers ses montagnes. Je rigole. On rigole. Qu'est-ce qu'on se marre, même.) Une dernière partie de l'année en attendant la première de la suivante. Et là, on va voir ce qu'on va voir.
par Waldorf
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le balcon
< 1ers épisodes <

62. Tcheou l'Écorcheur ne peut plus bouger, il reste par terre presque paralysé. Sa femme l'aide à se relever et, le soutenant par le bras, le ramène dans la chambre.

63. Tous les journaliers sont très contents d'avoir battu à leur gré Tcheou l'Écorcheur. Lieou Ta-hong leur dit: "Aujourd'hui, c'est seulement le commencement de notre lutte, une tâche difficile nous attend encore. Maintenant, c'est le moment de nous en aller !"

64. Là où il y a oppression, il y a résistance. Les journaliers agricoles brisent les obstacles de la réaction et prennent la voie de la révolution. Ils rejoignent les partisans sur le mont Siangyang.

65. Face au soleil levant, ils montent jusqu'au sommet de la montagne. Regardant de loin leur pays natal, Lieou Ta-hong dit: "Mes pauvres compatriotes, nous reviendrons victorieux."

62. Tcheou l'Écorcheur ne peut plus bouger, il reste par terre presque paralysé. Sa femme l'aide à se relever et, le soutenant par le bras, le ramène dans la chambre.

63. Tous les journaliers sont très contents d'avoir battu à leur gré Tcheou l'Écorcheur. Lieou Ta-hong leur dit: "Aujourd'hui, c'est seulement le commencement de notre lutte, une tâche difficile nous attend encore. Maintenant, c'est le moment de nous en aller !"

64. Là où il y a oppression, il y a résistance. Les journaliers agricoles brisent les obstacles de la réaction et prennent la voie de la révolution. Ils rejoignent les partisans sur le mont Siangyang.

65. Face au soleil levant, ils montent jusqu'au sommet de la montagne. Regardant de loin leur pays natal, Lieou Ta-hong dit: "Mes pauvres compatriotes, nous reviendrons victorieux."
par Statler et Waldorf
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Les belles histoires de tonton Milou
| Tabaquin tabaquin ma tabatière est vide Mets-y pour deux sous de tabac mais du fin Il fait si beau qu'en leurs bastides Les messieurs de la ville s'en sont venus dîner Les olives sont mûres et partout l'on entend Le chant des oliveuses sous les oliviers Le ciel est beau il fait si tiède et je suis bien Mais je suis si vieux que je me demande Si je verrai le temps des lucioles Tabaquin tiens tes deux sous C'est du fin Merci bien tabaquin J'ai du bon tabac Dans ma tabatière J'ai du bon tabac Tu n'en auras pas Apollinaire, Le Guetteur mélancolique |
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Le tabac est le signe du triomphe. Au XVIe siècle, l'Europe fume, et tout lui réussit : conquérante, elle n'a peur de rien. Au XXe siècle, elle préfère mâcher de la gomme, et tout se rétrécit. Elle tremble pour ses poumons et se protège le cul (...). Il n'est d'ailleurs pas étonnant que ce siècle de surveillants généraux s'intéresse plus à ses poumons qu'à ce qui fait battre les cœurs.
par Waldorf
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Le bon tabac
Blaise ne couchait pas avec Rosette. Contrairement à ce qu'il laissait entendre à ses amis, à ses copains, aux gens qui faisaient une allusion qu'il ne relevait pas, il n'était même pas un de ses amis. Mais peut-être qu'il le croyait. En tout cas, il la suivait. Ou il suivait sa mère, qui la suivait. Blaise participait aux réunions de Chagossiens exilés, déportés, disaient certains. Il était présent aux conférences de presse et aux prières collectives. Il avait bien changé depuis la mort de sa sœur et ce n'est pas qu'il l'aimait tant. Mari matte, passons. Quelques mères préparaient le retour. Des familles, qui savaient pouvoir revenir au cas où, annonçaient leur volonté de s'installer là-haut. Elles avaient gagné ce droit. La mère de Blaise se voyait déjà dans sa maison, dont elle partageait le souvenir avec tout le monde.Et puis, le vingt-et-unième siècle est arrivé. Quelque part, les deux tours du Temple du Commerce du Monde se sont effondrées. La planète était en guerre, officiellement. Les Américains ont fait savoir que personne ne s'approcherait de leur base navale. Les Chagossiens, ceux qui avaient tout de même embarqué, ont eu droit à un petit tour vers les autres îles, si loin de Diego-Garcia. Ils sont revenus avec un sourire forcé : « On a revu les zîles-là-haut. » Mais pas Diego-Garcia.
Oui, justement, ne t'impatiente pas : C'est à ce moment que des bruits ont commencé à circuler sur ce que faisaient les Américains sou tapis, soumarin, eh, eh ! Déjà depuis 1972, je me souviens, on nous avait raconté le Noël qu'avaient passé les soldats. Avec un animateur et des filles venus tout exprès de chez eux. Un spectacle comme à la télé. Et les nuits qui ont suivi. Tu parles, là-haut, ils se plaignaient qu'il n'y avait pas une fille. Même que ça a donné des idées à certaines, pas forcément des Chagossiennes d'ailleurs. Elles ont vite renoncé : personne n'approchait Diego-Garcia. Des B-52 en décollaient tous les jours pour aller bombarder l'Afghanistan ou n'importe quel coin de la planète aux antipodes de l'Amérique. Des bruits couraient. Blaise en parlait à Majo, ou bien Majo demandait à Blaise. Il se disait que les soldats américains avaient profané des tombes. Des photos circulaient, les cimetières n'étaient plus entretenus. Blaise s'indignait pendant les réunions et évoquait la tombe de son grand-père, dans quel état la retrouverait-il ? Car il la retrouverait. Blaise avait bien changé. En tout cas, il s'arrangeait pour que son ivresse soit discrète. Avec Majo et les autres, ils continuaient à boire, mais ils trinquaient maintenant au retour ; ce qui convenait à tout le monde.Oui, ne t'impatiente pas, à ce moment des bruits ont circulé. Tu sais comment s'appelle la base américaine ? Camp Justice, ça ne s'invente pas. Rosette, d'autres aussi, ont commencé à raconter des choses, des « avions privés », pas l'USNavy ou l'USAF, pas même les Anglais, qui arrivaient et repartaient. Ils parlaient en même temps de Guantanamo, les Européens parlaient d'avions-prisons passés par chez eux, tout le monde parlait de torture et de droits bafoués, bonjour le vingt-et-unième siècle. Moi je suis trop vieux pour ça, mais toi, tu fais quoi ? Tu témoignes ? Mais non, c'est nous qui témoignons. Tu as entendu ce que tu voulais et, maintenant, tu fais quoi ? Camp Justice, ça ne s'invente pas.
par Waldorf
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Autre Monde
Le 20 décembre le quotidien à Rotschild, Libération, publiait un rebond nous apprenant que la Liberté du Commerce travaillait âprement pour le développement et la diffusion des technologies biométriques et de contrôle numérique. Ces hommes libres du Saint Esprit du Commerce, se sont regroupés dans un rassemblement d'intérêts nommé Gixel. Sans rire, ces messieurs dames, ardents défenseurs du monde libre, auraient écrit ici (c'est fou ce lien aussi est mort !) la chose suivante : « La sécurité est très souvent vécue dans notre société démocratique comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population ces technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles... Plusieurs méthodes devront être développées pour faire accepter la biométrie : elles devraient être accompagnées d'un effort de convivialité... et par l'apparition de fonctionnalités attrayantes... » On installa donc des bornes bio-métriques dans quelques écoles. Elles furent cassées par des jeunes gens dit-on.
Pendant ce temps, un obscur journaliste chrétien licencié rapporte une petite histoire qui n'est pas sans intérêt. Un proche (tout du moins en politique) de monsieur Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca aurait fait interdire la diffusion d'une dépêche de l'AFP faisant la publicité de son implication dans une fausse enquête des Renseignements Généraux réalisée pour lui rendre service. En détail.
On se remémorera au passage que cette AFP censurée a fourni des photographies des jeunes émeutiers de novembre à la police, dans un esprit inconstestablement citoyen et avec un grand sens civique dont la république festive peut se sentir, à juste titre, honorée.
Ce même 20 décembre, ce même quotidien rapportait également que la préfecture de Bretagne, déguisée en pigiste, avait publié ses idées sur l'Ordre, dans le journal Ouest-France à travers une série d'articles intitulée « La Bretagne et ses démons » (avant le coup de ciseaux on pouvait la lire ici). Les démons en question étaient l'alcool, le tabac, le cannabis et les dérives de la fête.
Dans le VSD du 30 novembre 2005, la malheureuse biographe de Cécilia Sarkozy de Nagy Bosca, Valérie Domain, donnait une interview suite à la non publication de son livre après une injonction du ministre de l'Intérieur. Elle y livre une petite phrase qu'un confrère du Guardian lui aurait dit : « En France vous pensez que cette histoire n'est qu'une petite chose. Mais cela peut vous entraîner dans une spirale bien plus grave. »
Le Canard Enchaîné, quant à lui, commettait une indiscretion dans son édition du 21 décembre 2005. Le tennis-chanteur sympa préféré des français aurait été l'objet d'une censure. L'inénarable Paris-Match aurait supprimé une phrase dans laquelle le chanteur-tennisman sympa déclarerait qu'il quitterait la France si monsieur Sarkozy de Nagy Bosca venait à en être le président. Mais Le Canard Enchaîné qui est un hebdomadaire satirique nous rassure. Monsieur Arnaud Lagardère, loser des JO Paris 2012, marchand de canon, propriétaire de Paris-Match et ami du ministre de l'Intérieur, aurait donné 150 000 euros pour la fondation du tennischanteurmansympa, les Enfants de la Terre. L'Esprit républicain festif est sauf !
par Statler
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le balcon
Fumez donc, tas de clampins,ça chasse la maladie,
et ça distrait !
Prescription du docteur Desgenettes,
médecin militaire de l'expédition d'Égypte,
aux pestiférés de Jaffa.
« Je ne comprends la poésie qu'en fumant », disait Prosper Mérimée. Griller une cigarette n'est pas la satisfaction d'un besoin naturel. Boire un café non plus. Lire le journal non plus. Penser non plus : la plupart des gens s'en privent à merveille. Ce qui leur permet de se laisser impressionner par les mots d'ordre, surtout par les plus idiots.
par Waldorf
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Le bon tabac

Et Pécuchet ajouta :
— Le Paradis est quelque chose d'enfantin avec ses bienheureux toujours contemplant, toujours chantant – et qui regardent d'en haut les tortures des damnés. Quand on songe que le christianisme a pour base une pomme !
Le curé se facha. — "Niez la Révélation, ce sera plus simple."
— "Comment voulez vous que Dieu ai parlé ?" dit Bouvard
— "Prouvez qu'il n'a pas parlé !" disait Jeufroy.
— "Encore une fois, qui vous l'affirme ?"
— "L'Église!"
— "Beau témoignage!"
par Statler
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par Statler
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le balcon
Entré dans la salle du club, il n'a pas marqué un temps d'arrêt. Il a continué à avancer, comme s'il savait vers quelle table se diriger, avec juste un regard circulaire, rapide, juste un geste discret au garçon qui s'approchait. En fait, il a repéré son interlocuteur qui se levait vers lui. Sans que cela se puisse voir, il s'est légèrement détendu et s'est dirigé pour se saisir de cette main tendue sans avoir à vraiment changer de cap. Ils se sont assis dans les vieux fauteuils, d'un même mouvement, ils ont calé leurs vieilles fesses tout au fond du cuir et se sont dits enchantés et ont parlé cigares et alcools. Aux tables voisines, aucune tête ne s'est tournée ni aucune discussion n'a faibli mais toutes les oreilles ont changé d'orientation. Ils ont discuté d'alcools, de cigares et de quelques potins très mondains jusqu'à ce que le moment soit venu.« Dites-moi, cet avocat, Henri Le Frétillant, quel nom ridicule ! pourrait bien devenir une épine dans le pied ?
— Pas notre pied, croyez-moi, Sir. Il fait bien son travail ; il joue bien son rôle.
— Tout de même, il n'a de cesse que de faire parler du malheur de ces Chagossiens, soit-disant échangés contre les Polaris. Je ne sais pas ce que vous entendez par son rôle, mais je ne vois pas ce que la Couronne a à gagner.
— Et après ? Vous envisagez l'histoire d'un point de vue moral alors qu'elle n'est qu'une péripétie de la guerre froide. Et aucune vie individuelle n'a le poids d'une arme capable d'en détruire cent mille ou un million. Les responsabilités appartiennent au passé. Le Frétillant le sait bien et ne fait que miser sur l'avenir. Formellement, l'accord de bail avec les Américains ne durera qu'un temps et cet avocat plaide pour les Mauriciens. L'expulsion des quelques habitants des îles est un prétexte pour renégocier la décolonisation. Elle a déjà coûté, elle coûtera encore. Ce n'est qu'un prix à payer, il faut se faire une raison. Parce que nous allons payer. Nous allons offrir des dédommagements...
— Encore ? Et...
— Des dédommagements qui seront définitifs cette fois, qui seront versés directement aux familles, pourquoi pas ? Nous allons même offrir le droit à un retour, un petit tour, les Américains imposeront que ce ne soit qu'une visite. Nous leur dirons aussi qu'ils sont sujets britanniques, n'est-ce pas le cas ? C'est, de toute façon, la seule manière de nous préserver de toute revendication territoriale sur Diego Garcia. »
Ils s'entendaient, il n'y avait plus qu'à polémiquer sur des points de détail. Ils sont finalement passé à autre chose. « Non, bien au contraire : la coexistence de l'euro et de la livre est une chance rêvée de bénéfices, en jouant sur le marché des changes. »
Tout cela se disait à Londres à la fin du vingtième siècle et ne me demande pas d'où je le sors.
(À suivre.)
par Waldorf
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Autre Monde

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