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Jeudi 30 novembre 2006
Un orientalisme pour une idée de la ville en couleur sans technicolor

On ne trouve pas à Samarcande la fièvre commerciale de Tiflis, de Bakou ou de Boukhara ; en dehors des jours de marché, l'animation n'est pas extraordinaire, elle reste cantonnée à quelques rues ; il n'y a nulle part le grouillemment inouï des bazars de certaines villes : les passants sont des oisifs, ils se promènent et ne vont pas à des transactions.

Voici un marchand ambulant, vendeur de fumée. Son fonds de commerce consiste dans une pipe à eau, un kalian, qu'il remplit de tabac et tient allumé. Il circule entre les cavaliers, offrant à chacun de puiser, au bout de métal de la pipe, une bouffée de joie et d'oubli ; il tend, lorsqu'un client le lui demande, le kalian, après avoir activé le feu par une ou deux aspirations, réglant avec le doigt la combustion du tabac : le cavalier se courbe, aspire longuement et reprend sa rou te après avoir jeté au vendeur de fumée deux ou trois de ces monnaies de cuivre dont il faut quatre pour faire un kopeck.
Et le marchand circule ainsi, fumant lui même, quand les clients ne viennent pas, maintenant le foyer plein de tombachi et offrant à tout venant le tuyau commun de la pipe commune. Il y a bien des européens qui s'arrangeraient mal d'une pareille promiscuité.

On rencontre des Persans dont le type fin et régulier est bien reconnaissable ; des Afghans, intelligents et énergiques ; des Tatares, originaires de la Volga, appelés ici Nogaïs, instruits, sérieux, qui ont un type mongolique accentué ; Enfin, on rencontre même des Arabes qui forment aux environs de Samarcande quelques colonies, vestiges de l'empire des Khalifes. Tous ces hommes, de race et de type si différents, ont d'ailleurs adopté l'habillement sarte, tous se drapent dans les khalats multicolores, et se coiffent de turbans.
Tout ce monde s'agite, se croise, s'nterpelle, et ces étoffes éclatantes, où pas un costume européen ne vient faire tache et rappeler la terne banalité des modes d'aujourd'hui, chatoient magnifiquement sous le soleil de feu, entre les imposants portiques des madrasas, parés des plus riches couleurs.

Alcée Durieux, René Fauvelle Samarkand , la bien gardée


to be continued


Ca n'a rien à voir, c'est un message personnel, publique :
Hé, Wal ça va ? tranquillou, t'es sur le bord de la rive et tu te demandes si tu vas la faire la photo, à défaut de faire la réunion au sommet. Tiens en parlant de sommet, à moins que ce soit parce, que Monsieur s'affaire sérieusement. Dis Wal, tu t'affaires sérieusement en ce moment ?
Mercredi 22 novembre 2006
Connaissez-vous le Balto ? Pardon, l’Balto ? C’est un endroit sympathique qui gagne à être connu et où une gentille bande de loufiats se raconte des histoires. Cela nous change des cafés du commerce, même si certain sont plus interessants (bien que parfois mal fréquenté) que d’autre. Bon, je suis pas là pour faire un catalogue michelin. Au Balto, derrière le comptoir y a Briscard qui sert le carburant. Vous voyez le genre, entre le pompiste et le dealer. L’autre jour, l’autre jour ou l’autre soir, je sais plus, on se croisait chez madame Grabuge, dans les pyrénées et ça causait avant-gardes des années 60, pas super frais, mais bon. Et le Briscard, il me lance comme ça : « Ah oui, mais pardon Stat’, Asger Jorn, c’est quand même pas d’la merde ! ». Ce qui n’est pas faux puisque c’est aussi un peintre. Puis il ajouta « tu m’en diras des nouvelles. » Moi, Briscard, je le prends au sérieux d’autant plus que des fois il me fait la leçon de français pour que j’améliore mes manières (mais attention il le fait avec élégance hein, pas comme un connard). Prof de français, c’est dire si c’est pas rien. Alors voilà, ça s’appelle "La fin de l’économie et la réalisation de l’art." Oui, oui, oui.

Une telle discute, il ne faudra pas l’oublier, ça s’entreprend avec humilité. Ca tombe bien, tous ceux qui me connaissent savent que j’en ai à revendre. On touche à des choses complexes sans avoir forcément toutes les compétences, ce qui est exceptionel au balcon, notez le bien. Mais bon, je vais tenter le périple en funambule. Et comme j’aime bien quand c’est joli, on verra que je mettrais des guirlandes dont certaines clignottent, c’est pas tous les jours noël. Je suis coquet, un peu. Mais quand même, j’irais à la machette, c’est à dire en taillant dans le vif et par des raccourcis. Toutefois, je le répète, l’entreprise est modeste.



Pouf pouf




Avertissement

Post labélisé intello et imbitable

Si vous êtes beau ou intelligent vous pouvez rester



Une guirlande pour le tir de sommation :

L’art paraît procéder d’un penchant et de besoins plus élevés ; il semble même qu’à certaines époques, il procure contentement suprême, le contentement absolu, lorsqu’il est lié  aux conceptions du monde et aux spéculations religieuses les plus générales comme ce fut le cas pour certains peuples dans certaines périodes.



Première remarque dont on aurait éventuellement pu se passer :

Ca sent le mur de Berlin et l’insurection de Budapest. Les employés de Gallimard appellent ça, le spectaculaire diffus et le spectaculaire concentré, tandis que des journalistes disent « le monde libre » et « le socialisme réel ». Plus rien à prendre de ce côté là, le vin est tiré et bu. Amen.


Deuxième remarque où l'on sent remonter la poussière :

C’est encore un peu désuet, mais bon c’est bien de s’en souvenir, ça nous rappelle que la politique a disparu. Le lien qui unit le monde libre et le socialisme réel :

« La révolution capitaliste a été essentiellement une socialisation de la consommation. L’industrialisation capitaliste apporte à l’humanité une socialisation aussi profonde que la socialisation proposée par les socialistes – celles des moyens de production. La révolution socialiste est l’accomplissement de la révolution capitaliste. » (AJ)

Guirlande à la périphérie

Quand ne firent plus qu’un capitalisme et ère moderne, la politique, je le répète, fut soit subordonnée à l’économie –jusquà ce qu’est aujourd’hui l’homo democraticus comme forme de l’homo oeconomicus-politicus- soit réduite à une irruption violent de minorités. (…) Dans l’économie-monde, l’espace pour le politique n’existe plus que comme administration des municipalités.



Troisième remarque :
"La monnaie est la marchandise complètement socialisée."

C'est joli comme du Marx. Mais je crois que ça n’épuise pas le secret de la monnaie et même que ça ne dit pas l’essentiel à savoir que la monnaie avant d’être un signe économique est un signe magico-religieux puis politique.

Les phénomènes monétaires relèvent aussi de la sphère du politique, du pouvoir et du contrôle social, ce que l’on ne peut pas réduire aux seules vertus de l’économie administré. Aujourd’hui, la représentation dominante du marché masque cete autre dimension des faits monétaires ; l’économie politique, en se constituant, a largement occulté la nature politique des réalités monétaires que comprenent les mercantilistes et les scholastiques, précurseurs des économistes.

Mauss, quand à lui notait : « Schurtz remarque d’ailleurs très finement, après Kubary qui avait fait l’observation dans les Iles Palaos, que l’argent ne fut pas primitivement employé à l’acquisation des moyens de consommation, mais à l’acquisation de choses de luxe, et à celle de l’autorité sur les hommes. Le pouvoir d’achat de la monnaie primitive c’est avant tout, selon nous, le prestige que le talisman confère à celui qui le possède et qui s’en sert pour commander aux autres.
Mais n’y a-t-il pas là un sentiment encore très vivace chez nous ? »



Quatrième remarque
« Le but du développement artistique c’est la libération des valeures humaines, par la transformation des qualités humaines en valeurs réelles.

L’œuvre d’art n’est rien que la confirmation de l’homme comme essentielle source de valeur. » (AJ)

L’art rend libre, ne travaillez jamais !

Arlette Laguiller et Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca prétendent que le travail est l’activité générique de l’homme. L’artiste peintre dit, lui, que c’est l’art qui est l’activité générique de l’homme. Le métallo, pourrait tout aussi bien dire que la metalurgie est l’activité générique de l’homme. Toutefois, il me paraît difficile de concevoir que l’activité qui distingue l’homme de l’animal soit une activité qu’il aurait en commun avec la fourmi industrieuse ou le castor construisant sa hutte. On verra quoi en penser à la sixième remarque.

En attendant :
Première salve :
L’art a pu devenir en Grèce la plus haute expression de l’Absolu et la religion grecque celle de l’art même. Sous tous ces rapports, l’art reste pour nous en ce qui concerne sa destination suprême, une chose du passé. De ce fait, il a perdu sa vitalité et il est plutot relégué maintenant dans notre représentation, alors qu’antérieurement il affirmait la nécéssité dans la réalité et y occupait une place haute.

Deuxième salve :
Quand apparaît le premier mode de reproduction vraiment révolutionnaire – la photographie – l’art sent venir la crise que personne, cent ans plus tard, ne peut plus nier, et il y réagit par la doctrine de l’art pour l’art, qui n’est rien d’autre qu’une théologie de l’art. C’est d’elle qu’est né ce qu’il faut appeler une théologie négative sous la forme de l’idée d’un art « pur », qui refuse non seulement toute fonction sociale, mais encore toute évocation d’un sujet concret.

Troisième salve :
La forme pure dépourvue de tout contenu, autour de laquelle a évolué l’art de la dernière décénie, a fini par révéler brutalement son inconsistance, par découvrir à quel point elle était stérile et détachée de la vie courante, lettre morte dans les conditiuons actuelles des formes typiques de l’art, bonnes pour les cimetières des musées.

Quatrième :
Le projet ruskinien de changer la vie grâce à l’art ne s’étendait qu’au plan esthétique ; l’idée dostoïevskienne de la « beauté qui sauvera le monde » relevait du mysticisme et William Morris, qui rêvait de la fusion de l’art et de la vie, ne situait pas son idéal dans le futur, mais au Moyen Age.


L’art ne semble plus être le contraire de l’utilitaire, c’est un divertissement qui sert à la décoration de la grisaille.



Cinquième remarque
"La monnaie est l’oeuvre d’art transformée en chiffre." (AJ)

Donc l’activité générique de l’artiste peintre – l’œuvre d’art - transformée en chiffre, c’est la monnaie. C’est ce qui se dit chez Sotheby’s en effet. L’œuvre d’art a donc deux qualités : confirmer l’homme comme producteur (cf quatrième remarque), et être de la monnaie. L’homme comme producteur transformé en chiffre, c’est de l’argent. Rien n’est plus vrai. Mais est-on sure que la détermination première de l’homme soit d’être un producteur ? C’est la position de Staline et de Rockefeller. Et de l’artiste-peintre.

L’esprit a déserté l’art pour la monnaie. C’est l’argent qui concentre toute les qualités de l’homme, c’est lui le seul lien entre les hommes. L’argent est la seule chose que les hommes devenus marchandise socialisée ont en commun, c’est la seule communauté réelle. L'argent est le processus par lequel l'homme devient étranger à lui même.
La spiritualité du temps est exprimée dans la réclame. La réclame est la plus haute réalisation spirituelle de l’époque. Dans la réclame, l’argent communique aux hommes chosifiés. Ce que l’on voit avec la réclame, c’est que l’homme est le support par lequel la monnaie se réalise. C’est là l’unique qualité des hommes. C’est la position de Staline et de Rockefeller.



Sixième remarque
"Le communisme réel sera le saut dans le domaine de la liberté et des valeurs, de la communication." (AJ)

La communication est la manifestation de l’essence de l’homme. Elle est son activité générique.

Guirlandes :
Aussi l'homme est-il un animal civique, plus, social que les, abeilles et autres animaux qui vivent ensemble. La nature, qui ne fait rien eu vain n'a départi'qu'à lui seul le don de la parole qu'il ne faut pas confondre avec le son de la voix. (...) C'est ce commerce de la parole qui est le lien de toute société domestique et civile.

L’économie n’est pas comme l’écrit tranquillement Debord dans La société du spectacle « cette partie centrale de la vie sociale » (§ 123) ni la « base matérielle de la vie sociale » (§ 41) mais seulement la théorie dominante de cette partie centrale. La partie centrale — et non seulement centrale mais périphérique — de toute vie sociale, en tous temps, en tous lieux est la communication. La forme actuelle de la partie centrale de la vie sociale, la forme de communication qui domine aujourd’hui est la marchandise.


La communication est un territoire occupé par la monnaie (*) frénétiquement bombardé par la réclame. Le communisme c’est une idée babouviste. Son corps déjà bien meurtri et agonisant a été liquidé d’une balle dans la nuque par la wermarth du publicitaire Jean Paul Goude défilant triomphalement sur les Champs Elysées en 1989.



Septième et dernière remarque :






Trop tard, l’art ne pourra plus libérer tant il reste vrai que les morts ne réssucitent pas. L’artiste est un poseur, éventuellement un faiseur. Le dernier cri c’est le retour du figuratif. Ainsi, si l’on se tient au courant de ces choses, on peut voir aujourd'hui des journalistes prendre la posture.








A la suite de ces remarques rapidement jetées sur le zinc, je me demande dans quelle mesure le projet proposé par Jorn n’est pas plutôt la fin de l’art et la réalisation de l’économie. Réaliser l’économie comme les millénaristes voulaient réaliser la religion. Il y a là une limite quand on veut nuire. Et c’est sur cette limite qu’échoue la certainement sincère mais impuissante volonté de nuisance des employés des postes et des retraités du crédit lyonnais comme des artistes d'avant-garde.

Il y a au moins deux vérités sur l’IS. Elles furent formulées dés 1973. La première concerne son projet (ci dessous explicité à travers la posture de Vaneigem) et la seconde son public.

"Vaneigem parcourt majestueusement l’histoire dans sa robe de chambre de sa subjectivité, dont il a déjà rempli le contenu du conseil. Sa radicalité « pot au feu » lui a permis de ne pas même concevoir la destruction du mode de production (…) . Vaneigem, à sa mnire presque particulière, participe le plus platement du monde au « projet conseilliste » d’une nouvelle organisation du mode de production dans des formes différentes, visant à faire des exploités les maitres de leur propre exploitation, ce nec plus ultra du capital. (**)
(…)
La manière et le point de vue dont fut menée la critique situationniste du vieux monde –du point de vue de la circulation des marchandises – font que la théorie situationniste est devenue la théorie des nouvelles classes moyennes. Ces classes moyennes se situent elles aussi dans la sphère de la circulation des marchandises, d’où cette théorie tire les pésupposés matériels d’où elle était issue et d’où s’élaborait sa critique."

Je crois que de nos jours on peut raisonablement penser que l’art est un cadavre. Quand à l’économie, elle commence à être reconnue pour ce qu’elle est, de Paris à Pékin.


Last Guirlande :

Il nous faut faire attention à sa poussée –quand la taupe continue à fouir à l’intérieur -, et il nous faut l’aider à se réaliser.




Bref, Asger Jorn, ça a été bien mais ça a un peu vieilli.




(*) En décembre 1991, Voyer faisait remarquer que « Aujourd’hui, c’est le monde entier qui est occupé. Là où il n’est pas occupé par la liberté du commerce, il est occupé par Mahomet ou par la pensée de Mao Tsé-Toung. »

(**) Pour le célèbre lettriste Isidore Isou « le traité de savoir vivre du situationiste Raoul Vaneigem, c’est du sous-sous-Sartre à l’usage des avortons intellectuels, c’est l’œuvre d’une Françoise Sagan de la philosophie. » On sait ce que fit Sartre durant l’occupation comme on sait ce que fit Vaneigem pendant l’occupation de la Sorbonne.
Mercredi 22 novembre 2006
A Oaxaca, y a pas d'arabes même si on pourrait y trouver des mahometans (et la veuve mitterrand, pas vrai Wal!). Cela n'empêche nullement les émeutes. Comme quoi...


Mercredi 22 novembre 2006
On a chanté les Parisiennes, / Leurs petits nez et leurs chapeaux / On a chanté les Madrilènes / Qui vont aux arènes / Pour le toréro. / On prétend que les Norvégiennes, / Fille du Nord, ont le sang chaud / Et bien que les Américaines / Soient les souveraines / Du Monde Nouveau,
On oublie tout. / Sous le beau ciel de Mexico / On devient fou, / Au son des rythmes tropicaux... / Le seul désir qui vous entraîne / Dès qu'on a quitté le bateau, / C'est de goûter une semaine / L'aventure mexicaine / Au soleil de Mexico...



Mexico, Mexico...
Sous ton soleil qui chante, / Le temps paraît trop court / Pour goûter au bonheur de chaque jour
Mexico, Mexico...
Tes femmes sont ardentes / Et tu seras toujours / Le Paradis des cœurs
Et de l'Amour.

Une aventure mexicaine / Sous le soleil de Mexico, / Ça dure à peine une semaine, / Mais quelle semaine / Et quel crescendo... / Le premier soir on se promène, / On danse un tendre boléro, / Puis le deuxième on se déchaine, / Plus rien ne vous freine, / On part au galop...
On oublie tout. / Sous le beau ciel de Mexico, / On devient fou, / Au son des rythmes tropicaux... / Si vous avez un jour la veine / De pouvoir prendre le bateau, / Allez goûter une semaine / A l'aventure mexicaine / Au soleil de Mexico...



Mexico, Mexico...
Sous ton soleil qui chante, / Le temps paraît trop court / Pour goûter au bonheur de chaque jour
Mexico, Mexico...
Tes femmes sont ardentes / Et tu seras toujours / Le Paradis des cœurs
Et de l'Amour.

Mexico Mexico Mexico Mexico

par Waldorf publié dans : le balcon
Mercredi 22 novembre 2006
manif bus marseilleQuand les jours raccourcissaient, elle allait à des ventes privées de solidarité. Encore une habitude qu’elle avait prise ces deux, trois ans. Un espèce de mélange de rêve de jeune fille de bonne famille, genre bal de charité, elle n’avait pas encore osé s’y rendre en robe de soirée, et de vie à la con. Entre une bonne conscience soldée et la recherche intéressée de bonnes occasions. C’est fou comme elle avait changé.
Elle faisait des choses qu’elle n’aurait pas crues. Elle allait à des endroits. La soirée où l’autre qui ne se prenait pas pour de la merde s’était pointée avec son mari qui bossait pour une grosse boîte. Il avait pris un congé parental pour rester avec le bébé. Et qu’est-ce que ça faisait jaser. L’air de ne pas y toucher, on ne peut pas être vieux jeu au point de paraître choqué, au contraire, Moi je dis c’est très bien comme ça, il fait un choix, voilà du courage, mais personne ne pouvait s’empêcher de faire une remarque. Elle l’avait regardée autrement depuis cette fois là. Une dizaine de jours plus tard, un petit jeune de l’étage en-dessous que sa collègue avait plus ou moins invité à la fête avait dit : Quelle pêche ! elle paraît si sûre d’elle-même, un idéal que tout le monde vise. Écoute, c’est vrai. Ses yeux pétillants. Son éloquence.
 – Elle était sous antidépresseurs. Oui. Excuse-moi, elle était déjà sous antidépresseurs.

Les premières ventes privées de solidarité de la saison se tenaient à La Défense. Elles y allaient à deux ou trois, une fois quatre. Elle en revenait avec sa collègue en RER. En sortant, il fallait suivre tout un chemin pour rejoindre le hall et finalement le quai. Elles jouaient à se faire peur, à faire semblant de ne pas y croire. Avec toutes ces cités autour. Et qui se donnent rendez-vous ici. Elles se racontaient des anecdotes. Des faits censés attester une connaissance de cet autre monde, côté canaille. C’est là qu’elle repensait à la robe de soirée. Mais il y avait encore des gens en costume, plusieurs avec des valises à roulette, ces bagages de cabine en deux parties pour lesquels le bordeaux est une couleur osée. Arrivées à Paris, après un détour pour poser les sacs, déballant à peine leurs achats, elles allaient dans un bar ou un autre, un endroit connu ou propice aux rencontres. Elles relâchaient leur excitation.
Mercredi 22 novembre 2006



22 novembre – 21 décembre

 

Les gas qui montreront leur crête ce mois-là en pinceront dur pour s'agiter.

Leur patron, un vieux de la vieille, nommé Chiron, doit son nom caractéristique aux boudins extraordinaires qui sortaient de son boyau culier. Ce merlan-là fut une riche moule de son vivant : c'est lui l'inventeur des sociétés de gymnastique qui, depuis lors, ont bougrement aidé au développement d'un microbe dangereux : le microbe patriotique.

Ce microbe agit sur les types qu'il contamine, kif-kif son copain de la rage : les malheureux qui en sont atteints se précipitent sur des hommes qu'ils n'ont jamais vus, qui ne leur ont jamais rien fait, et les étripent le mieux qu'il peuvent sans jamais savoir pourquoi !... Ce qui est plus triste que tout, c'est que ce microbe ne s'attaque pas qu'aux pauvres bougres nés sous ce signe : il fait des victimes les douze mois de l'année.

Le seul défaut des femmes qui naissent ce mois-là est d'être portées à la bigoterie... Encore un microbe, nom de dieu !

Dimanche 19 novembre 2006
Bon, Stat, je vais passer tout à l'heure, même si c'est pour me faire encore écraser aux dominos, respirer des crobes enfantins et subir les ondes brûlantes des antennes. En attendant, encore un trésor pour ta cartothèque.

paris carte bourgeois populaire riche pauvre

(Clique sur la carte
ou par secteur : NE, SE, SO, NO.)
par Waldorf publié dans : le balcon
Samedi 18 novembre 2006
Stat, pour enrichir ta cartothèque et ta culture, et pour te divertir dans ta lutte acharnée contre les crobes, je t'offre cette superbe et très sérieuse carte de l'Europe de la bière et du vin. Cétipas gentil ?

beer wine map europa
par Waldorf publié dans : le balcon
Vendredi 17 novembre 2006

 

 

L'histoire témoigne sans équivoque de la relation qui unit liberté politique et marché libre. Néanmoins, l'histoire, si elle indique que le capitalisme est une condition nécessaire de la liberté politique, ne nous dit pas qu'il en est la condition suffisante. Il est par conséquent fort possible qu'à un régime économique fondamentalement capitaliste ne corresponde pas un régime politique de liberté.

Friedman - Capitalism and Freedom

 

Friedman est le fondateur de la Société du Mont Pèlerin, avec Friedrich Hayek, puis président de cette société de 1970 à 1972. Il visite le Chili en 1975, sous la dictature militaire d'Augusto Pinochet. Bien que Friedman n'ait jamais été conseiller économique de Pinochet, son influence est considérable sur la politique économique menée par ce dernier, en particulier via les « Chicago Boys », des économistes chiliens formés à l'université de Chicago.

Source

La tenue de la Rencontre régionale de la Société du Mont Pélerin à Vina del Mar en 1981 apparait hautement symbolique du soutien que la Société accordait à l'expérimentation économique en cours à ce moment là au Chili.

Source

par Statler publié dans : le balcon
Jeudi 16 novembre 2006
beaujolais design

Stat, si t'as rien à faire demain, tu pourras toujours soigner ta gueule de bois beaujolaisque avec le site du ministère du Travail. Les témoignages de propagande audios et vidéos sont poilants (enfin, j'ai pas regardé les vidéos, mais y a pas de raison).

Ce qui n'est pas mal non plus, c'est le décalage entre ces « témoignages » et ceux écrits, laissés par d'authentiques pauvres vieux.

*

À propos de travail (des autres) et de vieux, Friedman est enfin mort.

par Waldorf publié dans : le balcon
 
 
 
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