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Mercredi 27 septembre 2006





Le Pays des antennes était déjà peuplé d'une multitude d'animaux fantastiques, aux pelages doux et bariolés. Puis, une nouvelle arriva. C'était Samir qui l'avait amenée jusque là. Elle devint rapidement une bonne copine qu'on jette en l'air, qu'on cogne contre le sol et qu'on mord en rigolant. Elle s'appelait Dora et elle était en plastique qui pue.
Lundi 25 septembre 2006











Aujourd'hui, les Ouins-Ouins Sisters découvrirent le Leviathan. Il avait le visage bonhomme et sympathique. Il parlait d'une voix féminine à la fois rassurante et souriante. Plein d'enfants, étaient là, jouant entre ses crocs. Il demanda, aimablement mais avec une fermeté excluant tout refus, s'il pouvait filmer.
Dimanche 24 septembre 2006



24 septembre
23 octobre



Cette constellation est l'emblême des jugeurs ; il eût été plus logique de la baptiser balançoire...

Les types qui naissent sous ce signe sont ergoteurs, chamailleurs, chicaniers et procéduriers en diable. Cela fait de bons commerçants, car il s'entendent bougrement bien à vendre à faux poids. Comme on leur a seriné que pour réussir dans la société actuelle faut dévorer son voisin, ils ne s'en font pas faute. Le jour où toute la racaille jugeuse aura été rejoindre son emblème dans le fin fond du ciel, les mauvais instincts ne pouvant pas germer, puisqu'on vivra en frangins, dans une société échenillée de dominateurs, les types qui naîtront sous ce signe ne garderont que les bonnes qualités : ça fera de beaux gas, avec du bagoût et de la prudence à la clé.

Quant aux femmes, aimables et gaies, leur seul tort est d'être un tantinet pointilleuses et susceptibles.

Dimanche 17 septembre 2006
Je lisais dans le Courrier international numéro 828, la chose suivante : « Le 10 mai dernier la Fed, la  banque centrale américaine, a relevé ses taux directeurs. Wall Street a chancelé et les marchés d'actions dans les économies émergentes ont carrément plongé. (...)
Certes l'économie américaine reste la premiere au monde et l'évolution des taux d'intérêts américains touche l'ensemble du systéme financier. Mais au cœur de cette histoire se tapit quelque chose de très sombre l'industrie des fonds spéculatifs. Face à ces seigneurs de l'apocalypse, qui ont la capacité de provoquer le prochain krach, nul ne sait quoi faire. »

En lisant cela j'ai pensé aux colonels Qiao Liang et Wang Xiangsui : « Depuis qu'ils ont vécu la crise financière de l'Asie du Sud-Est, personne d'autre que les asiatiques n'a été autant affecté par la guerre financière. À vrai dire ils n'ont pas été seulement affectés mais véritablement laminés ! Une offensive financière surprise, volontairement planifiée et lancée par les détenteurs de capitaux flottants internationaux, a abouti à envoyer au tapis des pays que peu de temps auparavant le monde affublait du titre de "petits tigres" et de "petits dragons". (...) Les pertes causées par ce chaos prolongé ne sont pas inférieures aux pertes produites par une guerre régionale, et le mal fait au corps social est même encore plus grave que celui qu'aurait engendré une guerre régionale. Ce fut la première guerre menée par des organisations non-étatiques pour attaquer des pays souverains sans la force armée. (...)
L'attitude et la méthode adoptées par les Américains dans le traitement de la crise financière asiatique ont été un secret étroitement gardé. Quand la tempête éclata, les États-Unis s'opposèrent immédiatement à la proposition japonnaise de créer un fonds monétaire asiatique ; ils soutinrent la mise en place d'un plan de sauvetage soumis à conditions par l'intermédiaire du FMI dont ils sont l'un des principaux actionnaires, dans l'intention de forcer les pays asiatiques à accepter la politique de libéralisation économique dont ils étaient les promoteurs. Ainsi, ils posèrent comme condition à l'attribution par le FMI d'un prêt de 55 milliards de dollars à la Corée l'ouverture totale de son marché, offrant aux capitaux américains l'occasion de racheter des entreprises coréennes à des prix dérisoirement bas. Exiger, par ces méthodes de gangster, l'ouverture de marchés ou l'exclusion d'autres pays de ces marchés au profit des pays développés conduits par les États Unis s'apparente à une forme déguisée d'occupation économique. » (La guerre hors limite)

Comme pour nombre d'églises, il y a dans l'économie un objectif de domination « en dernière instance ».

*



À part ça Wal, je colporte pour le plaisir une rumeur un peu boufonne que des specialistes de la rumeur m'ont rapportée il y a peu. Figure toi que le Général Royal, père de Ségolène, avait la réputation d'être un grand partouzard, comme monsieur Mitterrand. On dit même que les deux se seraient croisés dans quelques parties fines. On dit enfin que Ségolène serait un peu une Mazarine avant Mazarine.

Bon dimanche.
Jeudi 14 septembre 2006
bush atlanta 2006Dehors, derrière ma fenêtre, il pleut et il tonne, un vrai temps de 15 août. Un peu au-delà, le n’importe quoi continue. La semaine passée, quelques postenfants ont eu l’idée de marquer la rentrée à leur façon, la même idée, chacun de leur côté : tirer sur l’école ou le bahut en face avec leur carabine à plomb. Le n’importe quoi ce n’est pas de tirer au plomb quand on est ado, ça c’est plutôt normal et banal, ni de, tant qu’à faire, et c’est la rentrée, ni de viser la caserne scolaire, évidence encore. Le n’importe quoi c’est que ces ados se retrouvent écroués, menacés de la maison de correction, inculpés et bientôt jugés, qu’ils font la une de l’information, qu’on met en place une cellule psychologique pendant que le sinistre se pointe. Même s’ils n’ont pas provoqué une égratignure, on peut finalement penser que nos tireurs s’en sortent bien : ils n’ont pas été abattus par la police.

Ce soir, je dois bien admettre que j’ai perdu un ami, qu’il est possible de passer dans le côté obscur, ce que je ne croyais pas. C’est un peu triste. Certains diront que j’ai mis le temps. En vérité, je sais que ce temps n’est pas suffisant.

Heureusement, il y a aussi la poésie. Ainsi, on apprend que, étudiant, Sarkozy de Nagy-Bosca rêvait de devenir propriétaire de sa chambre et, ce matin, un homme disait dans les transports en commun : « Vivement le retour de la grippe aviaire qu’on bouffe des huîtres. »

Duziel, j’en suis encore à interpréter des litotes.
Lundi 11 septembre 2006
Je sens me brûler une soif sauvage de sensations violentes, une fureur contre cette existence neutre, plate, réglée et stérilisée, un désir forcené de saccager quelque chose, un grand magasin, ou une cathédrale, ou moi-même, de faire des sottises enragées, d'arracher leur pérruque à quelques idoles respectées, d'aider des écoliers en révolte à s'embarquer sur un paquebot, de séduire une petite fille, ou de tordre le cou à un quelconque représentant de l'ordre bourgeois. Car c'est cela que je hais, que je maudis et que j'abomine du plus profond de mon coeur: cette béatitude, cette santé, ce confort, cet optimismesoigné, ce gras et prospère élevage du moyen, du médiocre et de l'ordinaire.

Hermann Hess Le loup des steppes

par Statler et Waldorf publié dans : le balcon
Mercredi 6 septembre 2006
Le vieux tambour, pour sa part, montra clairement que sa dentition entartrée et sa pénétrante odeur de tabac ne devaient rien au fait d’être un fumeur impénitent mais à quelque chose de pire : il prenait une cigarette, enlevait le papier versait le tabac dans la paume de sa main et le mettait dans sa bouche pour le mâcher tranquillement comme une boule de coca. Il mangea ainsi pendant la nuit un demi-paquet de Faros.

(...) Il était quinze heures quarante-cinq et le coiffeur Sixto Pastor Alzamora avait déjà grillé une demi-douzaine de cigarettes pour essayer d’enfumer les libellules tournoyant en cercles glacés dans son ventre. « Si je continue comme ça, se dit-il, il ne va plus me rester une seule clope pour allumer la mèche. »
Refusant pour la énième fois la proposition de boire un petit coup à la bouteille de "jus de fruit" qui circulait parmi les musiciens, le coiffeur mit la grosse caisse en position. L’air de rien, il vérifia que tout était en place : par un petit trou du cerceau de cuivre émergeait le bout poudreux d’une mèche convenablement écrasée pour s’enflammer du premier coup. Comme il avait constaté que l’hymne national durait un peu moins de deux minutes et demie, il avait raccourci la mèche de moitié : le feu prendrait à peu près le même temps pour arriver au détonateur et aux cinq cartouches de dynamite attachées à l’intérieur.
Dès que ce cochon de tyran se montrerait à la porte du wagon, il lui suffirait d’approcher la clope de la mèche et de la pousser vers l’intérieur tout en jouant l’hymne national. Et quelques secondes avant les derniers accords, au milieu des clameurs et des applaudissements de la foule, il s’écarterait de la fanfare tout naturellement et, le bombo mortel en avant, s’approcherait en souriant du podium du bâtard. Son plan n’était pas plus compliqué que ça. Le fait de mourir ne lui donnait aucun scrupule, ce n’était qu’une conséquence de sa manœuvre. Il éprouvait à peine une répulsion au creux de l’estomac due à un détail irrémédiable : les résidus de son corps allaient s’éparpiller sur le sable, mélangés à la graisse immonde de ce fils de chien.

Hernán Rivera Letelier, Mirage d’amour avec fanfare.
Samedi 2 septembre 2006


Au Pays des araignées non technologiques, les Ouin-Ouin Sisters découvrirent la mare aux grenouilles et ses beaux nénuphares en fleurs. Il y avait aussi, perché sur deux respectables marches, le trône du père Ubu. Si elles aimèrent la douce caresse d'Hélios, elles détestèrent la boîte à roulette et la morve au nez.
 
 
 
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