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Lundi 24 juillet 2006
L'autre jour je suis tombé sur un cri de révolte qui était lisible dans le Libération du 29 mars 1983. C'était un cri de révolte poussé par le socialo-carrieriste Delanoe.

M. Delanoe, 32 ans, porte parole du PS, est entré hier dans une véritable colère culturelle. Tout "ce tintamarre" fait autour de la restriction des voyages à l'étranger ne fait qu'illustrer selon lui le poids "très contraignant", même sur le peuple de gauche, d'un "système culturel pourri", " d'un modèle de société fondé sur le fric, la consommation immédiate etc."... Aller passer des vacances à la campagne comme épreuve, franchement d'autres ont vu pire, a t-il explosé avant d'appeler à "lutter contre ce modéle culturel contraigant". "Il faut réhabiliter le plaisir, le vrai plaisir, et non pas celui d'aller s'entasser sur des plages lointaines, ou le gout de la beauté", a conclu le nouvel hédoniste politique.

delanoe

M Delanoe a de la suite dans les idées. Maintenant qu'il est parvenu à quelques fonctions un peu plus nobles que de porter une parole, il entend réaliser son programme de réhabilitation du plaisir, et plutot que "d'aller s'entasser sur des plages lointaines" il propose, lui et son équipe, d'aller s'entasser sur les berges de la Seine transformées pour l'occasion en club de vacances. Cette année sur les deux rives, parce que deux rives c'est mieux qu'une. Certain pourront estimer que cela reste préférable à leurs allures d'autoroutes pompidoliens habituelles.

Il se trouve que ce nouveau lieu de vilégiature est squatté par des bandes de vanupieds, tous plus malodorants les uns que les autres, qui s'adonnent au camping sauvage en pleine capitale, quand d'autres, rebelles mais bien élevés, vont au camping municipal de l'ile de Ré (mais ils ne sont pas des vanupieds, cela est vrai). Pardon, vont s'entasser au camping municipal de l'ile de Ré. Suivant son programme de réhabilitation du plaisir et de lutte contre "ce modèle de société fondé sur le fric", notre gérant de parc d'attraction, a décidé de faire évacuer tous ces miséreux qui gachent le paysage. Voilà des bidonvilles qu'on préférerait voir ailleurs. Tout cela sera fait avec humanité a t-il dit, ce qui dans la bouche de quelqu'un qui s'affaire avec des marchands de canons, a son poids.

D'après Libération, du 24 juillet 2006, des citoyens de la république festive du plaisir, ont incendié quelques tentes de clodos dans le Xe arrondissement. C'est là certainement la rançon du plaisir.
par Statler publié dans : le balcon
Lundi 24 juillet 2006
24 juillet — 23 août

On en a conclu que tous les types qui sortent de l'œuf ce mois-là sont des gas superbement rablés ; qu'ils sont francs, braves, courageux, le tout pimenté d'un peu d'orgueil. Faut pas trop couper dans ces racontars : si vous voulez additionner tous les types qui ne rentrent pas dans cette catégorie ce sera cotonneux : vous dégotterez des cagneux, des bossus, des bancals, des tortillards, des bas-du-cul, des hargneux, des tartuffes, des pleutres ou des larbins. Par exemple, qu'ils soient bien ou mal bâtis, vous trouverez des tripotées d'andouilles amoureux de ferblanterie décorative : mince d'orgueil, le jour où ils peuvent arborer à la boutonnière le cordon ombilical du pape !

Y a des puritains qui sont contre les décorations, — moi pas, foutre ! Quand je rencontre un ostrogoth avec la boutonnière fleurie, je suis fixé illico, je n'ai pas à me creuser le siphon pour savoir à qui j'ai affaire. Eh fichtre c'est très chic, de ne pas avoir d'hésitation : on peut se garer de son chemin, de même qu'on se gare des voitures de vidanges et des tonnaux d'arrosage. Ce que je rigolerai le jour où les capitalos, les pleins-de-truffes, les chéquards et autres bandits arboreront tous un ruban à leur boutonnière.

Mardi 18 juillet 2006
SACRAMENTO (Agences) - Un important séisme qui été très bref et très violent a touché ce matin la Californie (côte Ouest des États-Unis).
Une alerte au tremblement de terre a été émise immédiatement, pour la Californie et la Basse-Californie (Mexique), a annoncé lundi le Centre d'alerte pour la Côte Ouest, situé à Sacramento. Le tremblement de terre a atteint une magnitude de 7,5 sur l'échelle ouverte de Richter, a indiqué le Dr. Zi Fo, de l'Agence de sismologie de Mexico. Un autre spécialiste cité par l'agence America a lui estimé que la magnitude pourrait avoir atteint jusqu'à 7,8. L'épicentre du séisme a été localisé en plein sur la faille de San Andreas, ce qui ne va pas sans nourrir d'ores et déjà de nombreuses polémiques à propos de la survenue du "Big one", comme les Californiens appellent le tremblement de terre appelé, selon eux, à détruire leurs principales villes.
De nombreux habitants de Los Angeles sont sortis dans la rue après la secousse tellurique qui s'est produite à 10H19 (03H19 GMT). Le séisme a également causé des scènes de panique à San Francisco (500 kilomètres au nord de Los Angeles) et San Diego (100 kilomètres au sud de Los Angeles), selon une radio locale. "Les gens paniqués sont sortis en courant de leur bureau", a déclaré à la radio RPACW un employé. Les tremblements de terre ne sont pas si fréquents dans cette région, malgré la place qu'ils occupent dans l'imaginaire. Les deux tremblements de terre importants les plus récents qui se sont produits le long de la faille de San Andreas, entre les plaques nord américaine et Pacifique, ont frappé les sections centrale (1857) et septentrionale (1906).

*

Mon mari lui a dit : Alors, vous faites quoi comme offre ? Le banquier a répondu : Alors, on ne peut faire mieux que quatre et quelques, tu vois, je ne sais plus. Et mon mari répond : Ah, bon ? Parce que un de vos concurrents fait trois et quelques, trois quatre-vingt, quatre-vingt-dix, je ne sais pas, tu vois. Et le banquier dit : Non, attendez, qui ? Et mon mari lui sort les papiers qu'on a imprimés d'Internet, il lui montre, des trucs qu'on avait, des offres, des devis, mais on ne les avait pas. Et il lui dit : Voilà, trois quatre-vingt-et quelques, je croyais qu'on aurait mieux chez nous, dans notre propre banque, mais, voilà, c'est pas grave, c'est vraiment pas grave. Et le banquier dit : Bon, attendez, je vais voir, je vais demander, mais ça ne dépend pas de moi, il faut que je demande. Il a téléphoné, et on a eu le prêt à trois cinquante, je sais plus, je te dis, on l'a eu, moi, je ne peux pas faire ça.

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Et la surprise d'hier, c'était les tests anti-dopage.
Mardi 18 juillet 2006
Bon, ben, Statouille, tu n'auras pas offert un Pays des familles n° 2 qui aurait fait mentir la photo du premier, tant pis. Je ne le ferai pas non plus. J'espère juste qu'on ne vous aura pas trop fait speeder avec nos histoires de retour de week-end sur la fin, on avait pas si tort, à cinquante kilomètres près.
J'avais dit oui et je le tiens. Je pars chez les gens qui ont la tête-en-bas dans deux semaines et, je l'avoue en toute lâcheté, si la guerre mondiale numéro 4 ou 5 nous surprend à ce moment, eh ben, je resterai là-bas. Entretemps, histoire de profiter du temps qui passe, je vais fêter un jubilée avec Lebosrg sur une île dans l'Atlantique. Pourrai-je prendre ma revanche aux dominos d'ici là ? En tout cas, tu me la dois.
Méfie-toi de la chaleur : de nos jours, il fait chaud en été, c'est vachement dangereux. Méfie-toi des rayons du soleil : de nos jours, il fait beau en été, où va-t-on ? Méfie-toi des pics de pollution : de nos jours, oui, de nos jours, t'as beau te méfier, faut quand même respirer, hein ? Tu me diras, ça vaut toujours mieux qu'un bombardement ou un tsunami. C'est ça qu'est bien avec l'info mondiale mondialisée : ça permet de relativiser. Cette fois encore, c'est évidemment et exactement le contraire qui est vrai. À croire qu'ils avaient raison avec leurs histoires de retournement – moi, j'ai toujours préféré les marmites à renversement.
Mais, excuse, le temps des plages et des tongs est venu, j'arrête (un temps) de faire chier avec le Moyen-Orient, la pollution et les piqueteros. C'est la trêve estivale. Qui fait le pendant à celle des confiseurs. À d'autres, encore ? On peut dire ce qu'on veut, pas toi, les gens, les médias, tous, on peut dire ce qu'on veut, on doit vivre dans une société encore drôlement guerrière, guerre de classe, pour qu'elle soit toujours rythmée par des trêves, trêve de Dieu. J'aurais pas tenu très longtemps. Le temps des plages et des tongs est venu et Libé n'a pas pu s'empêcher : « UMP, c'est une assurance, c'est ça ? »
par Waldorf publié dans : le balcon
Vendredi 14 juillet 2006
Au moins, avec Obut, les boules vont droit au but.



(À bon entendeur...)
par Waldorf publié dans : le balcon
Mardi 11 juillet 2006
Cette fois, j'avais dit oui avant de regarder si c'était possible. En fait, au départ, on devait faire le tour du Nouveau monde avec Tonton Milou mais il m'a laissé tomber comme une vieille chaussette, moi le copain-toujours-là, le rôle commence à me lasser, même si j'ai bien rigolé, là oui, c'est pas la question, Tonton Milou m'a laissé tomber, tout ça pasqu'il ne veut pas vendre une de ses nombreuses propriétés pour payer le billet d'avion. Alors, quoi ? – J'allais pas faire la tournée des cabaret latinoaméricains tout seul.
Je me disais : Bon, tant pis, je vais juste aller voir Criminel, un aller-retour pour le Pôle Sud et me revoilà. En attendant, je reste avec les copains ici, c'est sympa. Tu parles, trois déménagements en trois semaines. Et que des propriétaires, s'il te plait. Peuvent pas cliquer ? À tous les coups, je réponds présent ; ça fait partie du rôle. Enfin, presque à tous les coups, je ne voudrais pas donner de faux espoirs à certains, ah si, à certains.
Bien sûr, je ne dis tout ça que pour le plaisir de râler, cette joie subtile, et je fais semblant d'oublier les moments les plus sympas. Comme hier soir, par exemple. Non, je ne parle pas de ma victoire écrasante au dominos ; peut-on parler de défaite écrasée ? – Non, je parle d'après, après que tu as enfourché ton engin, quand je suis arrivé au Bar du théâtre où, oui ! où TatiDidi et le Pépé catcheur Fred sont venus, contre toute attente et toute raison, juste pour le plaisir. De là, une chose menant à une autre, TatiDidi a pu se sentir chez elle dans mes chiottes, tu vois ce que je veux dire, elle n'y était jamais allée.
Je me disais : Je vais voir Criminel et son frère ; ça, je peux le faire. J'avais dit oui avant de vérifier si c'était vrai. Et puis j'ai vu les prix. Et je n'ai pas de propriété à vendre pour payer le billet. (Lebosrg m'a dit : Tu peux toujours faire un prêt. C'est vrai, je peux toujours faire un prêt.) Bon, peut-être que tu t'en fous des détails, bon, j'ai écrit à Criminel : Heu, oui, voilà, ça va être difficile, j'ai comme un problème d'argent pour les billets d'avions.
Criminel m'a répondu : « Est-ce vraiment trop cher payé ces 1000 et quelques malheureux euros qu'on demande pour venir visiter les pauvres cousins orphelins ? Est-ce vraiment trop cher payé quand on pense que, en fait, c'est au bout de ce monde, là-bas, tout au Sud du globe, d'où proviennent en réalité ces euros, spoliés pendant des décennies entières aux défavorisés du monde et au grand profit des gros ventres européens... ???  Il n'y a qu'à imaginer que en réalité c'est eux, ces pauvres enfants maintenant orphelins de père, et tant d'autres exclus du monde des riches, qui payent en fait ces billets d'avion avec lesquels les Franchouillards parcourent le monde entier, leur caméra numérique en poche. Ça devrait leur faire honte. Finalement ces fichus billets d'avion ça leur coûte peut être un mois de salaire contre deux ans de salaire pour les autres, les spoliés, les exclus, les laissés pour compte de la banlieue planétaire. »
Et, là, je fais quoi ?
Quand même, c'est les boules, Syd Barrett est mort, comme ça.
Quand même, c'est délire, les résultats au bac sont les plus élevés depuis 1968, « malgré le mouvement contre le CPE. » Trop forts les petits, vous allez faire des choses bien.
Quand même, les médias et le MEDEF traduisent class action par « action collective », comment pourraient-ils faire autrement ? La radio dit : La réputation, est-ce que vous savez ce que ça veut dire ?
Je sais ce que je vais faire : je vais lancer une souscription. On verra si le rôle paie.

Mardi 11 juillet 2006
Ce week-end, y avait l'emménagement de Padubi : 100 bornes dans un sens, 200 dans l'autre et une panne d'essence sur l'autoroute en prime ; y avait l'anniversaire de la crémaillère de la Maison : lever, 6 h, coucher, 6 h ; y avait la venue tout à fait exceptionnelle de Victor et Agnès que je n'ai même pas vus, de TatiDidi avec les garçons, tiens, tu ne vas pas le croire, je ne le crois pas, TatiDidi préfère ne pas le croire, Lulu est convaincu, sincèrement convaincu que Tonton Milou (la Peste) est « mon papa », de So et Fabinou un copain, arrivés avec Isaac toujours sérieux et sympa, easy, cool, man, a-t-on idée à cet âge ? – Y a eu un refus catégorique de prendre le bâteau pour traverser le canal, tu te rends compte à côté de quoi on est passé, Stat ?  Y a eu un cinéma à moins de dix dans la grande salle, il ne faut pas oublier d'aller voir cette comédie dramatique française sûrement chiante mais sociale qui sort, surtout que je n'ai pas encore oublié son titre.
Ce week-end, la Corée du Nord, le pays où les campagnes sont parcourues pas des camions porteurs de haut-parleurs, où les radios sont bloquées sur une fréquence, où il existe des usines en carton, la Corée du Nord a lancé des missiles à capacité nucléaire dans la flotte, la flotte avant le Japon, ils n'ont pas osé passer par-dessus. Ce week-end, l'armée israëlienne poursuit son offensive, comme on dit et a transmis son savoir-faire en assassinats ciblés, comme ils pourraient dire, aux soviétiques, non, je m'excuse auprès des jeunes lecteurs, aux russes. Ce week-end, tu m'as dit qu'on sortait du 11 septembre, rien que ça, parce que les us perdent pied parout, dans leur Sud, surtout.
Ce week-end, des mecs ramassés en Asie par les américains et envoyés à Guantanamo étaient jugés en France, après que les services secrets d'ici ont négocié des aveux contre une sortie de l'enfer.
Ce week-end, y avait encore des manifs contre l'ouverture de la chasse aux enfants.
Mais, ici, le bilan de ce week-end est que la radio et les en-cravatés parlent comme en bas de la tour. ZZ est revenu mettre un coup de boule dans le ventre du pizzaiolo, il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas, on ne sait pas ce qu'il lui a dit, mais, à tous les coups, il a traité sa mère, sa race ou sa rœus, en tout cas, on ne rigole pas avec ça, sport ou pas sport. Les commentateurs, ceux qui racontent l'histoire, spéculent sur les insultes possibles, les experts de lecture sur les lèvres sont appelés à la rescousse pour visionner le ralenti et donner un avis, une interprétation, une explication. La télé parle comme la cité, lexique et code d'honneur en avant, elle n'a pas le choix, ça c'est du rapport de force. Même si on sait bien que ça ne se fait pas.

par Waldorf publié dans : le balcon
Lundi 10 juillet 2006
par Statler et Waldorf publié dans : le balcon
Vendredi 7 juillet 2006



Vendredi 7 juillet 2006
Ce soir, TatiTat était enfin la reine des Indiens. Elle attendait ça depuis qu'elle était toute petite. Juste avant ce sacre, nous écoutions Lebosrg chanter avec sa chorale. Encore avant, nous avions découvert un nouveau resto dans le quartier, un de plus ; un mercredi le jeudi, c'est tous les jours mercredi. Et puis, malgré la saison, la nuit a fini par tomber. Elle nous a trouvé au bar du Théâtre, nous, quelques uns, un Quintal et une Pat à Tat, de toute façon la mode, l'ambiance est à être ailleurs, à s'isoler, comme pour le départ du Poète, comme pour l'aniversaire de Tonton Milou. Tout le monde a un avis sur le pénalty de ZZ ; qui sait si c'est vraiment le voisin de Lebosrg qui le fourvoyait ou si ce n'est que du jeu à l'italienne ? J'ai revu le Prof de ballon avec son gros sac protégé de la bruine, on ne dit pas la pluie, là-bas. J'ai appris que tu étais loin dans le Sud, Stat, sans savoir si c'est bénévolement pour le boulot ou professionnellement pour le plaisir, tu me diras.
par Waldorf publié dans : le balcon
 
 
 
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