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Lundi 28 mai 2007
eglantine
Pendant que je n'allais pas bâfrer, et toi non plus, et les Duziel non plus, c'était bien la peine de supplier et menacer, et les autres à peine, pendant ce temps, à Montpellier, l'office achélème a installé des nouvelles caméras de vidéosurveillance de ses immeubles. Le mieux, c'est que les travaux se sont faits à la demande de locataires. L'office soulignait, dans un vieux dossier de presse (c'est tout ce que j'ai sous la main) que « la vidéosurveillance est l'occasion de recréer du lien social » et qu'elle « suscite une forte adhésion des locataires » (et, en plus, je cite de mémoire). Bon. Juste avant, c'était il y a quelques jours, le Conseil d'État avait autorisé des sociétés privées (les sociétés de droits d'auteurs) à mettre en place des moyens de « surveillance automatique », autrement dit à balancer des espèces de vers virtuels dégueulasses qui vont grouiller dans les serveurs et s'infiltrer dans nos tuyaux pour moucharder les paquets de passage chez les chapardeurs.

Tout se passe comme si plus les gens sont isolés, plus il y a besoin de les surveiller.

Dimanche 27 mai 2007
Ah, Stat, y avait longtemps qu'on n'avait pas causé télé. Et puis ça nous a repris. C'est «Rome», la série péplum historique wasp, qui nous a inspirés ; c'est aussi l'article de Florence Dupont que le Monde Diplomatique lui a consacré, faut bien tenir le label. Remarque, il y a de quoi.

«(...) En dehors des quatre ou cinq événements rapportés par des historiens anciens, tout est faux, ou presque. (...) Les réalisateurs se sont échinés à reconstituer les réalités matérielles, et sans doute avec un certain succès, mais ils sont passés à côté de ce qui fait l'identité d'un groupe humain, ses affects propres. Ils s'imaginent, en bons Occidentaux ethnocentristes, être le modèle universel. Partant du principe que "les relations humaines ne changent pas", que "les émotions, les sentiments n'ont pas changé", ils projettent naïvement leur conception de l'humanité sur les Romains (...).

rome

Les réalisateurs ont (volontairement ?) oublié que les Romains bougeaient, parlaient, entendaient, voyaient autrement que les Occidentaux du XXIe siècle, que leurs rapports à l'espace et au temps, à leur corps et à celui des autres n'étaient pas les nôtres. Les Romains appartenaient à une culture codifiée, une culture du convenable, où chacun soignait l'image de soi sous le regard des autres, à l'image de la plupart des sociétés traditionnelles du pourtour méditerranéen. Il suffit pour le comprendre d'aller voir comment se comportent dans le quotidien les gens des sociétés traditionnelles en Inde, en Afrique ou encore en Sicile, en Corse, en Grèce ou en Algérie. Chaque culture est une autre humanité. Cette altérité se voit, s'entend, se sent au premier geste, dans le silence, les rites incompréhensibles, une façon de regarder de côté, de dire sans dire, dans l'infinie complexité des règles de politesse qui déterminent la distance des corps, l'ampleur des gestes et la hauteur des voix.

rome

Mais sans doute n'aurait-il pas été vendeur de montrer des Romains, nos ancêtres, si proches des travailleurs immigrés venus des villages du Mali, du Maghreb ou de la Turquie... Pourtant, les réalisateurs prétendent montrer de "vrais Romains", différents de nous. Mais cette différence n'est pas le résultat d'une enquête anthropologique ; ils la construisent a priori, à partir de la dialectique bien connue du déjà et du pas encore, sur fond d'homme éternel. Les Romains n'étaient pas encore chrétiens, mais ils pratiquaient déjà la trépanation. Le déjà est technique ; le pas encore est moral, c'est pourquoi nous sommes mieux qu'eux.

Selon l'idée reçue que la civilisation progresse, il va de soi que les Romains n'étaient pas encore aussi civilisés que nous, car ils n'avaient pas encore reçu les vertus pacificatrices du christianisme et du commerce. Ainsi, on apprend que "pour eux la force prime le droit" ce qui est un comble pour un peuple ayant introduit un droit des contrats –, que les Romains n'auraient été "que des soldats mais ni des commerçants ni des hommes d'affaires". Pour l'anecdote, Cicéron, comme tous les chevaliers, tirait sa fortune d'affaires commerciales, et s'enrichit entre autres par la spéculation immobilière. (...)

En fait, cette série ne vise qu'à conforter l'idéologie impérialiste de l'Occident et sa foi dans sa propre évolution morale, par des origines fictives, comme tous les péplums. (...)

rome

Enfin, et surtout, les réalisateurs participent de l'illusion positiviste : la réalité historique serait matériellement objectivable. Illusion qui va de pair avec un certain "impérialisme humaniste". Tous les hommes sont semblables dans leur corps, leur tête et leur coeur ; seuls varient les conditions matérielles et leur niveau de civilisation, qui s'incarne dans des valeurs plus ou moins primitives, comme l'honneur, le courage ou la fidélité.

rome

Or on accède à une civilisation seulement par son imaginaire. La reconstitution des conditions matérielles ne vient qu'ensuite et ne prend son sens qu'en fonction de cet imaginaire. L'imaginaire romain ne connaissait que la grande histoire ou des récits fabuleux. Plus ce film tombe dans la petite histoire sous prétexte de réalisme, plus il s'éloigne de la réalité romaine.

C'est pourquoi, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le seul vrai film historique sur Rome est le Satyricon (1969) de Federico Fellini.»

rome

Au fait, qu'est-ce qui t'a pris d'effacer des commentaires de la Plus Gentille etc. sur la question de Dieu ?


Samedi 26 mai 2007
meissonier-ruines-tuileries

FAITS DIVERS


Les anciens proscrits et condamnés politiques ont décidé la formation d'un bataillon de la garde nationale dans lequel ils entreront. Un grand nombre se sont déjà fait inscrire.
Un bureau d'inscription permanente est établi à la mairie du IVe arrondissement; tous les anciens proscrits sont priés de venir de suite se faire inscrire.
Aujourd'hui jeudi, réunion générale des proscrits à la mairie du IVe arrondissement.



Le comité consultatif d'hygiène publique, composé de MM. Bussy, Fauvel, Michel Lévy, Bouley, Reynaud et Amédée Latour, a été chargé de présenter un rapport sur les travaux que nécessite, dans l'intérêt de la santé publique, l'état déplorable où ont été laissés les corps de tant de victimes dans les environs de la capitale.
Voici la mesure proposée par le Comité à l'égard des tumulus :
Creuser parallèlement à la fosse qui renferme le cadavre, et aussi près que possible d'elle, une fosse de 1 mètre 50 à 2 mètres de profondeur ; enlever la couche de terre recouvrant le cadavre ; répandre sur celui-ci une quantité suffisante de chlorure d'oxyde de chaux pour le désinfecter, puis le faire glisser dans la fosse nouvellement creusée ; placer le cadavre sur un lit de chaux vive, dont il serait recouvert avant de le couvrir de terre.
Le comité d'hygiène a renoncé dans tous le cas à l'emploi de loyens chimiques sur place, cet emploi exigeant le déterrement des cadavres et une quantité énorme de matières désinfectantes.
En somme, les mesures prises peuvent se résumer ainsi :
1° Elévation d'un tumulus de terre de 40 à 50 centimètres de hauteur sur les fosses ou les tranchées renfermant un plus ou moins grand nombre de cadavres, et ensemancé de plantes à végétation rapide et avides d'azote ;
2° Exhumation rapide des cadavres isolés, désinfectés et placés dans une fosse crusée parallèlement et le plus près possible de la fosse ancienne, et couchés sur un lit de chaux vive ;
3° Culture et plantation des terrains dans la zone la plus rapprochée des sépultures.



Situation du 31 mars :
Nous avions dit que l'Assemblée de Versailles était la promiscuité du crime et de l'oppression ; que, d'un côté, l'on avait vendu la France, comme, de l'autre, on l'avait achetée ; et qu'en échange de l'engagement pris, par les uns, de la livrer à l'Allemagne, les autres avaient pris celui de l'achever si elle osait se soustraire au joug de ses vendeurs.
Les faits précis, éloquents, terribles, se pressent pour justifier notre dire. Le comte de Bismark menace Paris dans l'Assemblée ; et Jules Favre, à Rouen, ose déclarer qu'il va s'entendre avec le général de Fabrice pour que Paris soit écrasé.
Mais ce n'est pas tout, M. Jules Favre, fort de l'appui de l'étranger, dont il est devenu le complice, ne veut déjà plus partager avec personne le mérite d'être le bourreau de son pays. D'accord avec une majorité qui veut tout ce que veut la Prusse, M. Jules Favre va jeter M. Thiers par-dessus bord...



                    Bourse du 5 avril
Dernier                                               Au
 cours.                                             comptant

 51 40   3 0/0 jouissance 1er janvier 1871 .... 51 45
 76  »   4 1/2 jouissance 22 mars..............   »  »
 » »       4 0/0 jouissance 22 mars..............   »  »


Journal Officiel de la République Française sous la Commune, jeudi 6 avril 1871.

Mardi 22 mai 2007
by David Rees
Dimanche 20 mai 2007
cannes
Le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski, 57 ans, a révélé qu'il ne possédait pas de compte en banque et qu'il versait tout son salaire à sa maman. « Je n'ai toujours pas de compte en banque », a-t-il dit dans une interview à l'hebdomadaire Wprost paru cette semaine. « Je ne plaisante pas. Je garde l'argent sur le compte de maman ». Célibataire, Jaroslaw Kaczynski vit toujours chez sa mère avec laquelle il partage une maison dans le nord de Varsovie. Son frère jumeau, Lech, président de la République, en revanche, est marié. Mais leur mère, Jadwiga Kaczynska, a confié un jour à l'AFP que Lech l'appelle toujours deux fois par jour au téléphone.
Quand j'ai connu Boub, il refusait aussi d'avoir un compte en banque, il était pourtant trésorier de l'association et mettait les cotisations dans une chaussette.

Vous savez, je n'ai pas confiance en lui. C'est un kagébiste et, maintenant, il vient ici pour prier, alors... Il faudra donc attendre dimanche et la messe à Bormes-les-Mimosas pour en savoir plus. Vous avez peut-être croisé le Premier ministre qui faisait son jogging avec le président. Ici, il y a un vrai phénomène Sarkozy et il n'est pas que médiatique. Les viticulteurs ont également tenu à apporter leurs présents. Plusieurs caisses de vin qui ont bien sûr été vérifiées par les services de sécurité avant d'être transportées à l'intérieur de la résidence présidentielle.
CDuziel, je ne l'appelle plus Le Fléau et Casse-Croûte n'est pas si drôle, CDuziel estime me devoir quelque chose et a proposé de me donner de l'argent, quinze euros a-t-elle dit. Pensait-elle m'acheter ?

De quelle manière a-t-il tenté de déstabiliser les scientifiques français ? Il m'a regardée et il a affirmé : « Je ramènerai Ingrid ». Le président colombien Alvaro Uribe a choisi vendredi la manière forte en prônant l'option militaire au détriment de la négociation pour libérer les otages des guérilleros des FARC (marxistes), notamment la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. « Il se moque de qui, là ? » a lâché Mélanie Delloye Betancourt. « Il se moque du président de la République en France, il se moque de la France. » Dans son dernier message connu, une vidéo diffusée en 2003, Ingrid Betancourt exhortait le président colombien Alvaro Uribe à lancer des opérations militaires pour libérer des otages séquestrés, comme elle, par la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
La date de notre fête annuelle aux Zépos est fixée : ce sera le 18 août. Vives réactions privées chez les copains mais personne n'a répondu. (À commencer par toi et moi, Stat.)

Le travail tue de plus en plus au Japon, malgré la campagne initiée par le gouvernement pour limiter les heures supplémentaires. Ici, il y a un vrai phénomène Sarkozy et il n'est pas que médiatique. On va faire reculer la pauvreté par le travail. « Il se moque de qui, là ? » a lâché Mélanie Delloye Betancourt. Ça y est, le président de la banque mondiale jette l'éponge. Il lance, fataliste, « quelque soit le parti, c'est toujours le même disque. »
Criminel, mon cousin-la-tête-en-bas, je ne t'oublie pas.

Et la justice, est-ce qu'elle est assez sévère face à ces violences faites aux arbitres ?
Dimanche 20 mai 2007
Air France-KLM s'est replié de 1,38 %... Et le géant américain se fait coiffer au poteau ! Heinz n'a toujours pas fini de payer cette erreur stratégique. Le groupe de Pittsburgh repart à l'assaut du marché français. Oui, mais Amora ne se laissera pas manger tut cru. (France-Info, 17/5/07.)



don_quichotte


par Waldorf publié dans : le balcon
Vendredi 18 mai 2007




Jeudi 17 mai 2007
L’évidence est une qualité de surface. Votre science est le triomphe de l’évidence, une prolifération de la surface. Elle fait de vous les maîtres de l’extérieur mais en même temps elle vous y exile, de plus en plus.

Votre science vous a révélé un monde rond et parfait au mouvement infini. Elle l’a reconquis sur le chaos. Mais je crois que, ainsi, elle vous a ouvert au désespoir.
Non pas, Elle nous a libérés de craintes… puériles et absurdes.
Absurdes ? L’absurde, c’est le monde qui ne finit pas. Quand saurait-on la vérité ? toute la vérité ? Pour nous, nous croyons encore à l’avènement de la vérité. Nous l’espérons.

L’homme n’a jamais été aussi malheureux qu’en ce moment où il accumule tant. Nulle part, il n’est aussi méprisé que là où se fait cette accumulation.. C’est ainsi que l’histoire de l’Occident me paraît révélatrice de l’insuffisance de garantie que l’homme constitue pour l’homme. Il faut au bonheur de l’homme la présence et la garantie de Dieu.

L’Occident (…) a commencé, timidement, par reléguer Dieu « entre des guillemets ». Puis, deux siècles après, ayant acquis plus d’assurance, il décréta : «Dieu est mort ». De ce jour, date l’ère du travail frénétique. (…) Après la mort de Dieu, voici que s’annonce la mort de l’homme.
Cheikh Hamidou Kane –L’aventure ambiguë



La qualité de Dieu n’est rien d’autre que la qualité essentielle de l’homme lui-même.
Feuerbach – Essence du Christianisme
Mercredi 16 mai 2007

Les notables toutefois,connaissent désormais la peur des rouges. La répression de juin, si elle rétablit leur prééminence, ne laisse pas de les inquiéter pour l'avenir. Et déjà se manifeste le désir (qui est plus qu'une simple hypothèse) de l'homme providentiel. Pasquiers écrivait à Barante, le 21 juin 1848, l'avant-veille de l'émeute parisienne - : " Président de la République, Empereur ou Roi, je suis à qui rendra la sécurité et fera renaitre la confiance". C'est déjà tout un programme.
*
Napoléon invente ce qu'on a appelé l'absolutisme démocratisé.
*
Un caractère fondamental du bonapartisme a toujours été de mener une politique en dehors des partis, au dessus d'eux et -en fait- contre eux.

F Bluche - Le Bonapartisme - aux origines de la droite autoritaire (1800-1850)
par Statler publié dans : le balcon
Mercredi 16 mai 2007
Une cigarette de fumée, c'est peut-être cinq minutes de vie en moins

mais une journée de travail, c'est huit heures de vie en moins.


birmane cheerot


 
 
 
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