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Mercredi 29 mars 2006
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par Statler et Waldorf publié dans : le balcon
Mercredi 29 mars 2006
Hier soir, Papasc a dit : « Ah, un demi après les gaz lacrymos, ça fait du bien. » Et il pratiquait.

par Waldorf publié dans : le balcon
Mardi 28 mars 2006
Ainsi vous voilà terrés dans l'antre du Fléau. Les colosses peuvent trembler, vous êtes prêts. Vous attendez. Et ne tremblent-t-ils pas déjà ? Les enfants du Destin seront élevés selon les arts du combat, du vent et de l'eau et le Fléau les héberge déjà, bien qu'au-delà de l'océan et malgré sa transformation quantique. Ils viennent.


par Waldorf publié dans : le balcon
Lundi 27 mars 2006

Les occupants du Centre d'Etude des Modes d'Industrialisation (à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, bd Raspail à Paris), constitués en Comité Pour la Désindustrialisation du Monde, entre l'aube du 21 mars 2006 et le milieu de la nuit suivante, communiquent :

"Puisque nous parvenons de plus en plus précisément à envisager le moment où la Terre sera entièrement consumée par notre mode de vie, Puisque les scientifiques en sont réduit à nous promettre la colonisation d'autres planètes à consommer.
Nous, salariés et étudiants, stabilisés ou occasionnels, de la région parisienne et d'ailleurs, occupants du Centre d'Étude des Modes d'Industrialisation au 4è étage de l'EHESS en ce premier jour du printemps, voulons réfléchir à ce que pourrait être une vie pérenne et souhaitable dans un autre monde fini.
Il nous semble impossible de poser la question de la précarité des emplois et des revenus monétaires sans poser aussi celle de la précarité de la survie humaine globale. En ces temps de désastre écologique très avancé, nous pensons qu'aucune position politique et aucune revendication qui n'intègre pas le caractère d'impasse du développement économique, de la croissance, ne peuvent avoir la moindre valeur.
Nous sommes donc à la fois fantastiquement utopistes et radicalement pragmatiques.
Nous voulons briser le culte dont sont l'objet les créateurs d'emplois et de richesse. Aucun discours sur l'exploitation et la précarité n'a de sens  et d'efficacité s'il s'interdit de malmener comme ils le méritent ces «bienfaiteurs de la collectivité».
Nous voulons aussi lever le tabou de ce mouvement anti-CPE : la perspective du plein-emploi, qui sous-tend la plupart des mots d'ordre et des revendications, n'est ni réaliste ni désirable.
Il faut se mettre dans la tête que l’économie ne peut plus créer assez d'emplois pour tous. Et reconnaître qu'en plus, ceux qu'il crée encore péniblement sont de plus en plus vides, déconnectés de nos besoins fondamentaux.
Ce mouvement ne sera fort et porteur d'avenir que s'il fait entendre une critique lucide du travail moderne. Et s'il permet d'établir définitivement qu'il n'y aura pas de sortie de crise. Loin de nous laisser abattre, nous  voulons faire de ce constat une chance. Nous pensons qu'un mouvement social conséquent doit se donner pour but d'aider l'économie à s'effondrer.
Que la crise s'aggrave !
Que la vie l'emporte !"

(sélection)


Samedi 25 mars 2006
Sous peine d'une prompte débâcle, les barricades ne peuvent plus être aujourd'hui une œuvre comme en 1830 et 1848, confuse et désordonnée. Elles doivent faire partie d'un plan d'opérations, arrêté d'avance.
Le tohu-bohu et l'éparpillement ne constïtuaient pas le seul vice des anciennes barricades. Leur construction n'était pas moins défectueuse.
Amas informe de pavés, entremêlés de voitures sur le flanc, de poutres et de planches, ce mauvais. barrage n'était pas un obstacle pour l'infanterie qui l'enlevait au pas de course. Quelques gros retranchements peut-être faisaient exception. Encore pas un seul n'était à l'abri de l'escalade. Ils servaient eux-mêmes d'échelle.
Arrêter les troupes, les contraindre à un siège, résister même assez longtemps au canon, telle est la destination d'une barricade.
Il faut donc la construire d'après ces données, pour qu'elle atteigne son triple but. Jusqu'ici, elle n'y a pas satisfait le moins du monde.
Dans l'état actuel de Paris, malgré l'invasion du macadam, le pavé reste toujours le véritable élément de la fortification passagère, à condition toutefois d'en faire un usage plus sérieux que par le passé. C'est une affaire de bon sens et de calcul.
L'ancien pavé, qui tapisse encore la majeure partie de la voie publique, est un cube de 25 centimètres de côté. On peut, dès lors, supputer par avance le nombre de ces blocs qui sera mis en œuvre pour bâtir un mur, dont les trois dimensions, longueur, largeur et hauteur sont déterminées.
La barricade complète consiste dans un rempart et sa contre-garde ou couvre-face. Le rempart est en pavés maçonné au plâtre, large d'un mètre, haut de trois, encastré par des extrémités dans les murs de façade des maisons.
La contre-garde, placée à six mètres en avant du rempart, se compose de deux parties attenantes l'une à l'autre, savoir : un mur interne de mêmes dimensions et construction que le rempart, et un glacis en pavés secs amoncelés s'étendant sur une longueur de quatre mètres jusqu'à l'entrée de la rue.
Un mètre cube contient 64 pavés de 25 centimètres de côté. Le rempart ainsi que le mur interne de la contre-garde ont toujours deux facteurs fixes : la hauteur, trois mètres, la largeur ou épaisseur, un mètre. La longueur seule varie. Elle dépend de la largeur de la rue.
Le chef du poste fait commencer le rempart à 15 mètres environ du débouché de la rue, et au lieu de trois mètres de hauteur, ne lui en donne que la moitié.
Ce mur de quatre pieds et demi a précisément la hauteur normale pour le tir d'un fantassin debout. On peut l'escalader sans doute, mais l'opération n'est pas commode. C'est déià un obstacle respectable. Or, ce massif n'a que 18 mètres cubes ou 1.152 pavés, qui représentent 24 rangées ou six mètres de longueur à dépaver. Cela peut se faire assez rapidement.
On achève ensuite le rempart iusqu'à trois mètres à mi-hauteur, c'est-à-dire à un mètre et demi, on laisse, de distance en distance, des trous destinés à recevoir des solives, sur lesquelles on posera des planches formant banquette pour le tir.
Cette besogne enfin terminée, on se met en communication avec les deux barricades latérales, en perçant les gros murs qui séparent les maisons siutées sur le front de défense. La même opération s'exécute simultanément dans les maisons des deux cotés de la rue barricadée jusqu'à son extrémité, puis en retour à droite et à gauche, le long de la rue paralèlle au front de défense arrière. Les ouvertures sont pratiquées au premier et au dernier étage, afin d'avoir deux routes ; le travail se poursuit à la fois dans quatre directions.
La troupe enlève toujours assez facilement les barricades, à cause du petit nombre de leurs défenseurs, de l'isolement où on les abandonne, et du défaut de confiance mutuelle dû à l'absence d'organisation et de commandement. Les choses prendraient une toute autre face, avec une direction énergique et l'envoi successif de puissants renforts.
Jusqu'ici dans les luttes parisiennes, les insurgés sont toujours demeurés inactifs derrière leurs semblants de barricades, oisiveté fatale chez des combattants très mal armés, sans artillerie, presque sans munitions. La bravoure seule ne suffit pas à compenser tous les désavantages matériels.
Les ouvriers parisiens semblent ignorer leur principale force, la supériorité de l'intelligence et de l'adresse. Inépuisables en ressources, ingénieux, tenaces, initiés à toutes les puissances de l'industrie, il leur serait facile d'improviser en peu d'heures tout un matériel de guerre.

Blanqui, Instructions pour une prise d'armes
Jeudi 23 mars 2006
Ce soir, il y a des bourgeois des beaux quartiers de Paris qui sont choqués d'avoir des voitures abîmées dans leur rue, comme si on était dans une de ces banlieues à l'automne. C'est le printemps, mon gars ! Stat, on peut dire que les jumeaux vont naître sous de bons auspices. À Grenoble, un gendarme a blessé un policier en civil d'un tir de Flash-ball. Les tournées des lycées deviennent autant de prises des Tuileries. (Carrément, allons-y !) Tu croyais quoi, le protal ? Fallait pas fermer les portes. C'est pas comme à ton époque où ils chantaient libérez-nos-camarades par dessus les murs de la cour. Cette fois, ils y vont, les libérer. En cassant des trucs au passage. Ou on joue à la manif devant le bahut, et puis on joue vraiment, surtout quand les flics arrivent, on joue pour de vrai. Il y a cette histoire de l'EHESS « occupée par une trentaine de personnes extérieures à l'établissement, très déterminées et soupçonnées de tout casser », comme le dit très joliment France-Info. « Et continuellement ivres », précise la directrice de l'établissement. Ivres, encore ; la France aurait-elle un problème avec une jeunesse trop défoncée ? « Ils s'élisent entre eux », a ajouté un étudiant pendant que les profs manifestaient contre l'occupation. Et quand on parle des gentils, on remet en avant une démocratie participative outrée face au non-retour de la démocratie parlementaire. Au passage, on confirme que les blousons noirs s'appellent aujourd'hui des jeunes en capuche.
Tu as lu ce truc-là : Une "collaboration" avec le ministère de l'intérieur, lors des attentats de 1995 dans Le Monde ?
Mais le scandale est ailleurs.
Lundi 20 mars 2006
greveSamedi soir, c'était la Daddy be cool Party et demain c'est l'échéance de l'ultimatum syndical. Samedi soir, j'étais bien content d'être là mais j'étais tellement en forme que je n'arrivais plus à parler, alors je suis parti avec une discretion toute construite. J'ai essayé de te dire au revoir et merci Stat, mais je n'ai pas pu. La rumeur, le mouvement social parle de grève jeudi mais la date d'ultimatum ne permet pas de construire un appel. On essaie de dire « grève générale » sans la faire ; cela dit, la semaine dernière déjà, l'intersyndicale s'est faite doubler. Dimanche matin, Lebosrg a vomi au sortir de la douche, pas d'un trop plein de gaz lacrymo cette fois, juste plein de trop de gin de la Daddy be cool, et nous sommes allés chez ses parents qui habitent loin de tout, où qu'on soit. Sur le chemin de retour, j'étais presque arrivé chez moi, le conducteur du bus jouait étonnament avec les trappes d'aération du toit et il a explosé d'un coup : il a hurlé « Bon, ça suffit, le passager qui a des gaz descend. Ça pue et ça trois fois maintenant. »
par Waldorf publié dans : le balcon
Samedi 18 mars 2006
negocStat, on se disait l'autre soir que de Villepin avait ouvert les enchères. Cette nuit, la rumeur court que les trois coups sont près d'être frappés et, visiblement, les prix flambent. De son côté, Chirac radote un énième appel au calme (comme alors et alors et alors...), c'est devenu sa grande spécialité. La fête aura-t-elle été de courte durée ? Hé Stat ! t'as pas une demande d'appart qui court ? Fonce, c'est le moment de négocier un palace.
(Et à propos d'appart, n'oublie pas de mettre ton réveil pour TatiTat...)
par Waldorf publié dans : le balcon
Jeudi 16 mars 2006
Tout à l'heure, Lebosrg a dit : « La clope, c'est bien : ça neutralise les gaz lacrymos. » Et il pratiquait.

Mercredi 15 mars 2006
C'était un mec calme, puis un jour il a décidé d'arrêter de fumer.

 
 
 
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