Marcel Mauss, Essai sur le don


Pendant que, sur le front global, la République affûte ses communautés dans une messe dominicale belliqueuse,

pendant que, sur le front sanitaire, le cheval de Troie H5N1 se fait disputer la vedette par la chik,

pendant que, sur le front social, le jeune abonné (en bas de la colonne de gauche) Padubi s'enflamme contre le CPE,

pendant que, sur le front de la forme (Fléau, saute ce paragraphe, vite !), des législateurs ici et là se demandent s'il est légitime d'abattre des avions de ligne,
la radio d'État France Info rapporte que, fidèle (cf. la fin de cet entretien) à lui-même, le président « Jacques Chirac a tenu a mettre fin à une légende : "On dit que je ne bois que de la Corona, c'est faux : j'aime toutes les bières." »
Nous voilà rassurés.
À part ça, on a vu Isaac, il a les yeux de Fabinou d'un copain.
À part ça, le Fléau n'est plus sur nous que pour quelques jours, la Maîtresse s'est réfugiée dans les montagnes.
Les Pépés catcheurs ont fait de la musique dans un nouveau bar et Lebosrg se remet à peine de sa gueule de bois. Avant, j'allais dîner chez la Maman du Nord en compagnie de TatiTat. Je voulais nous arrêter pour acheter des fleurs. « Des fleurs, pourquoi faire ? J'apporte déjà du Doliprane en suppo pour sa gamine. »
Stat, il paraît que tu vas visiter l'antre tout à l'heure ?
Rideau sur la fête olympique.
À quoi, après sa capture, répondit le sarcasme :
— Dieu ! Quel prestige aura le nom de notre capitaine à la Bourse quand on saura qu'il a fait s'échouer deux pirates et qu'il a été capturé par leurs deux chaloupes.
Lire ici, ici et là mais aussi là.
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Un des aspects du débat autour de la vaccination massive des volatiles serait qu'une telle décision ferait perdre la trace du cheval de Troie H5N1. Et ce qui n'est pas traçable n'a pas d'histoire. Comment ce qui n'a pas d'histoire existerait-il ? Gogol apporte une réponse de son temps, de notre temps, tant pis, à ce problème avec son outil de recherche personnel : il copie les fichiers stockés sur le disque dur sur ses propres serveurs. L'assurance pour chacun de ne pas perdre sa propre trace. Je me sauvegarde donc je suis. Gogol ne fait qu'appliquer le corollaire de la tant vantée liberté d'expression sous surveillance : Je peux m'exprimer librement donc je n'ai rien à cacher. La distinction classique moderne, c'est-à-dire ancienne, entre ce qui fait ou ne fait pas, opposait, à ma gauche, le matérialisme à, là-haut, un supposé idéalisme. Si on s'intéresse à ce qui existe, ce qui fait, on relèvera que les Prud'hommes ont prononcé une première condamnation de patron dans le cadre du CNE lundi dernier ; parce que ce contrat est une réalité des relations humaines ; parce que le travail est une réalité de l'humanité. Mais il y a aussi cette histoire du « jeune Ilan ». Des « barbares » de banlieue qui enlèvent un Juif et qui l'assassinent puisque la famille, contre toute attente, ne peut pas payer de rançon, voilà un fait divers qui a la particularité d'être une histoire avant de se réaliser. Une histoire, la parole, le verbe qui fait, alors quoi ? Les habitués du comptoir du Café de la Théorie des conspirations peuvent affirmer tant qu'ils veulent que ni le « jeune Ilal » ni le « cerveau des barbares » n'ont existé, ils ont tort : personnages, ils sont victimes d'un sacrifice donc ils sont. De là, nos habitués sombreront comme les autres dans l'opposition actuelle (post-moderne) qui s'impose à la philosophie : libéralisme contre communautarisme. Leur faute originelle est commune : ils tiennent à ce monde.Il est plus facile et plus plaisant, alors pourquoi se gêner ? d'opposer l'acquittement des accusés de l'assassinat du préfet Érignac, une histoire qui n'existe pas, à la mort d'un gendarme sous les hourras de la foule à Saint-Martin, une non-histoire qui s'impose à la post-modernité.
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui en France il n'y a qu'une information matérialiste : la publication du nouveau Guide Michelin. La bouffe.
Pour finir, je dois citer le Fléau, encore sur nous pour les sept jours bibliques :
Tonton Milou, à toi la parole.
« TatiTat est une bulle de XIXe siècle qui traverse nonchalament le XXe et le XXIe siècles et que rien n'entame.
C'est elle qui nous entame. »

(Fléau, j'ai vérifié là comme là, de toute façon c'est pareil : tes employeurs mâles branchés et riches ne connaissent rien à la conjugaison quoi qu'ils pérorent. Tu peux te rassurer : « RÈGLE : En règle générale, les verbes en -eler et en -eter doublent la consonne l ou t devant un e muet : je jette et j'appelle. Quelques verbes ne doublent pas le l ou le t devant un e muet. Ils prennent alors un accent grave sur le e qui précède le t ou le l. Un exemple est j'achète. Ce sont 22 verbes irréguliers. Les modèles sont acheter et geler. En voici la liste (22 verbes) : celer, déceler, receler, ciseler, démanteler, écarteler, encasteler, geler, dégeler, congeler, surgeler, marteler, modeler, peler, acheter, racheter, bégueter, corseter, crocheter, fileter, fureter, haleter. »)
Et moi je vais de ce pas voir qui de Tonton Milou et la Maîtresse a noyé l'autre.
De toutes les conceptions possibles de la beauté, celle de l'individu qui a atteint le plus haut degré de perfectionnement, est supérieure à toutes les autres ; or il ne me paraît pas douteux que l'Indo-Européen ait en ceci le droit de prétendre à la première place.
La meilleure preuve en est que cette race refoule et extermine progressivement toutes les autres, non pas seulement en Europe mais dans toutes les parties du monde. En Amérique on peut déjà compter les Peaux-Rouges, et d'ici quelques centaines d'années on lira avec effroi dans de vieilles légendes qu'il existait jadis des êtres humains à la peau noire.
Dr C.-H. Stratz, La Beauté de la femme,
traduit de l'allemand par Robert Waltz, 1910.
[Pour les éventuels mal comprenants une
explication est donnée en commentaire 3.]

Tu viens de te faire enlever par des terroristes très énervés parce qu'ils ont oublié d'acheter des cigarettes.
— Offre-leur en une.

Stat, alors que tu discutes de façon toujours si érudite d'images bellicistes promptes à choquer les croyants, moi je m'en reviens tranquille de mes montagnes où j'ai passé de chouettes vacances, merci. Je ne reviendrai pas sur ces icônes interdites, le débat a déjà été assez tendu avec Gégé et Lili là-haut, je n'ai pas manqué remettre ça avec mes parents tout à l'heure ici-bas, alors ça suffira, merci encore. Enfin, bon, quand même : pour l'occasion, j'illustre avec la reproduction d'une des premières branlettes du Christ, heureux enfant qui a si douloureusement fini, on la doit à Veronese, en 1560. Et enfin, bon, encore : quand je vois que tout ce merdier est mené au nom de la liberté d'expression, celle justement que les barbus opposaient à la nouvelle laïcité républicaine il n'y a pas un an à propos d'histoires de fichus sur des têtes trop brunes, Charlie Hebdo en pointe, je ne peux m'empêcher de me demander quel genre de photos Val aurait publiées, s'il avait alors endossé ces habits de Zorro de la liberté, quand son compère Font est tombé. Oui, c'est de la mauvaise foi de bas étage et une phrase trop longue, je sais ; tant pis, je laisse. Peut-être faut-il des phrases longues pour relier (dé-séparer aurait dit l'autre s'il ne s'était pas tiré un coup de fusil dans la tronche tant qu'il était encore temps) ce qui semble ne rien avoir à voir – et qui mieux que moi sait combien la mauvaise foi est nécessaire à un débat ?Stat, je m'égare encore une fois. Je voulais raconter tout autre chose. Sinon, à quoi correspondrait le titre ? C'est une histoire de comptoir, celle d'un habitué moustachu qui explique à son voisin également habitué mais glabre que, pour ses enfants, il a pris une carte de paiement, une carte de crédit pour les dépenses de santé. Comme ça, « s'il leur arrive quelque chose, il n'y a pas de problème ». Ils seront soignés grâce à la carte bancaire que tu peux trouver, entre autres, là et là. Une carte bleue pour aller à l'hôpital, un bon plan à refiler aux copains. Forcément, ça me rappelle une autre discussion qu'on avait eue suite à une de tes innombrables défaites aux dominos il y a quelques temps à propos d'entreprises de flicage médical des salariés (ici, là, là ou ailleurs, on ne sait plus où gerber). Ces boîtes iraient-elles faire appel les unes aux autres s'il arrivait un pépin médical dans le style bien fait pour ta gueule à l'un de leurs médecins marrons ?
Rien à voir, sauf qu'on reste dans la rubrique santé : le feuilleton (ridicule pour les français franchouillards et rigolo pour le reste du monde) du déchet flottant Clémenceau continue.

